‹ Lecons sur les maladies mentales (volume 2)Chapitre 94 sur 201 · CLASSIFICATION DES MALADIES MENTALES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES MALADIES MENTALES

le sujet trouveront mieux leur place dans l'étude de chacune des formes que peut revêtir Taliénation mentale.

Messieurs, il nous reste maintenant à traiter un sujet qui se place naturellement à la fin des études d'ensemble que nous avons entreprises, et qui sert de transition entre la pathologie générale et la pathologie spéciale, en psychiatrie.

Il est un complément que tout aliéniste, traitant des maladies mentales, se croit obligé à donner aux idées générales qu'il a exprimées. C'est la classification des diverses espèces et des innombrables variétés que peut offrir la folie.

Malheureusement cette œuvre de systématisation nosographique, difficile de tout temps et dans toutes les branches de la médecine, est entourée à notre époque et dans notre spécialité de difficultés bien plus grandes que partout ailleurs. Trois grands obstacles, en effet, se dressent devant nous, dès que nous cherchons à aborder cette question.

Le vice fondamental, l'obstacle irrémédiable auxquel se sont heurtés tous les nosographes qui ont essayé de systématiser nos connaissances en médecine mentale et d'en présenter le tableau dans une vue d'ensemble, c'est l'absence à peu près complète des lésions anatomiques dans la majorité des cas de folie proprement dite. En effet, en dehors de la grande famille des névroses, c'est essentiellement sur l'anatomie pathologique que sont basées les classifications médicales, et s'il existe de grandes familles pathologiques, les pyrexiês par exemple, dans lesquelles le complexus symptomatique semble dominer la situation et assigner à la maladie sa véritable place dans les cadres, il

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n'en est pas moins vrai que l'anatomie pathologique, môme en pareil cas, a porté la précision là où régnaient auparavant les idées les plus vagues et les plus confuses.

Ce progrès, nous ne l'avons point encore réalisé en aliénation mentale. Nous possédons à coup sûr une vue plus nette des conditions dans lesquelles prospère ou périclite le fonctionnement cérébral. Mais il nous est absolument impossible, pour le moment, de formuler les principes qui doivent nous permettre de ranger selon leurs affinités naturelles les groupes symptomatiques auxquels nous avons alfa ire.

Telle est la première et la principale difficulté à laquelle on s'est heurté tout d'abord ; mais, en l'absence de lésions bien définies, il fallait s'en rapporter aux symptômes, et c'est ici que l'intervention de la psychologie a porté un préjudice énorme aux progrès de la médecine mentale. Détournée de sa voie légitime, notre science a paru pendant longtemps n'être qu'une simple annexe de la métaphysique. Erreur profonde, car, on le reconnaît aujourd'hui, elle doit occuper une place parmi les sciences naturelles, à côté des autres branches de la médecine et de la physiologie. Tel est le deuxième obstacle placé sur notre chemin.

Une classification aussi simple que celle du fondateur de l'école française ne pouvait évidemment servir qu'à tracer un cadre ; mais les innombrables variétés, les combinaisons infinies que présentent les formes si riches et si nombreuses de l'aliénation mentale, dcvaitMit nécessairement faire éclater ce cadre trop étroit, dans lequel on cherchait à les enfermer. Troisième et dernier obstacle, qui nous a valu ces classifications discordantes, où l'on voit les maladies caractérisées par une lésion anatomique, comme la paralysie générale, venir se rangera côié d'autres maladies caractéri-

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