‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 52 sur 275 · CONTRACTURES ET PARALYSIES · texte numérisé non relu

CONTRACTURES ET PARALYSIES

troubles de la motilité linguale, contracture ou glossopîégie, qu'il nous est si souvent donné d'observer.

Parmi les paralysies qui peuvent atteindre nos aliénés, il en est quelques-unes qui ont une signification toute spéciale. On a signalé (Guislain) comme une marque de démence incurable la paralysie des muscles de la nuque, qui laisse tomber la tête sur la poitrine. On doit aussi remarquer la perturbation et l'affaiblissement de tous les mouvements coordonnés, phénomène qui se traduit bien souvent par une altération de l'écriture, et surtout par la perte de l'habileté manuelle. Enfin notons les altérations de la voix et surtout les perturbations de l'équilibre des muscles de l'œil qui aboutissent dans beaucoup de cas à un strabisme permanent, qui n'existait point avant l'explosion de la folie.

Nous ne croyons pas devoir poursuivre plus loin cette description générale. La question sera reprise et traitée dans tous ses détails quand nous aborderons l'étude des formes diverses de la folie et plus spécialement de la paralysie générale.

Passons maintenant aux altérations que subit la nutrition chez les aliénés.

La folie est pour les gens du monde une simple aberration intellectuelle; il en est tout autrement pour le médecin. Pour nous, la folie est une maladi-e de Yêlre tout entier. C'est une maladie qui, ainsi que toutes les autres, présesite une période prodromique, une période d'état et une période de convalescence et de déclin, A chacun de ces divers états correspondent des troubles trophiques très-variés.

Il est un moyen de diagnostic que je regrette de ne pas voir plus souvent usité en clinique, c'est l'emploi de la balance. Les pesées, pratiquées constamment en Allemagne

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chez tous les malades, sont un excellent moyen de se rendre compte des changements qui s'opèrent dans l'état général de l'économie. C'est par l'emploi de ce procédé que l'on est arrivé à démontrer un fait très-important.

Ala période prodroraique, à l'époque oij les troubles intellectuels sont encore absents, prenez un individu non encore aliéné, mais sur lecheminderaliénationmentale.Cethomme ne présente pas encore de conceptions délirantes ; cependant il va perdre une partie considérable de son poids, et cette déchéance, très-rapide chez les jeunes sujets, peut les amener en peu de temps à un état d'amaigrissement trèsprononcé, alors qu'ils n'ont pas encore présenté de troubles intellectuels évidents.

Mais la folie éclate avec tous ses caractères ; reste alors à suivre la marche de ses phénomènes. Nous savons que la maladie peut parcourir rapidement ses diverses périodes; mais, devant vous retracer le tableau des troubles qui se présentent du côté delà nutrition chez les aliénés en général, je dois prendre pour type un de ces malades dont l'affection peut se prolonger pendant longtemps.

Dans la période d'invasion, le poids ne varie pas autant que dans la période prodromique; cependant les modifications qui se [irésentent sont toujours dans le sens de l'amoindrissement; mais ce que l'on constate surtout, ce sont des troubles trophiques variés, longtemps avant que l'on ait observé aucun syrai.tôme intellectuel. On peut noter des altérations profondes delà nutrition, de la gangrène, des ulcérations, ce que l'on a appelé le décubitus aigu. Cela se rencontre non-seulement dans la folie, mais dans un grand nombre de maladies des centres nerveux. Ce sont tantôt des troubles de la circulation ; tantôt des modifications gé-

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