EXCÈS VÉNÉRIENS. CONTINENCE. S
roi Louis XV et les sultans modernes nous ont offert des exemples historiques.
Mais, dans les cas malheureux, les excès vénériens conduisent àla paralysie générale. Aussi cette affection se développe-t-elle quelquefois chez des hommes jeunes, ardents et nouvellement mariés, qui, dans l'excès d'une ardeur légitime, ont oublié que les lois de la nature ne sont pas absolument parallèles aux prescriptions du Gode. J'ai eu personnellement l'occasion d'observer, dans ma clientèle, quelques cas de ce genre, et Maudsley attribue avec raison aux abus conjugaux une large part dans la production de la paralysie générale.
Les excès vénériens, nous l'avons déjà dit, paraissent être infiniment moins graves chez la femme. Il ne faudrait pas cependant conclure à l'impunité absolue pour le sexe féminin. On sait que les prostituées paient un large tribut à la paralysie générale.
Nous arrivons maintenant à la condition inverse. La continence absolue peut-elle engendrer l'aliénation mentale, comme on le croit généralement? C'est là, en tout état de cause, un point de départ assez peu commun ; mais voyons d'abord quels sont les effets physiologiques de la continence longtemps prolongée. Us ont été soigneusement décrits par Haller, qui les avait observés sur lui-même. On éprouve d'abord une sensation de plénitude et de congestion, qui se traduit assez souvent par des céphalalgies ; mais, après un assez court espace de temps, les désirs sexuels s'éteignent complètement, et le sujet éprouve un accroissement évident de la force musculaire et une augmentation très notable de la mémoire. Peut-être Haller se faisait-il illusion sur ce point, et prenait-il la mémoire extraordinaire dont la nature l'avait gratifié pourj une conséquence de sa manière de
vivre ; mais il est certain que les hommes qui pratiquent vraiment la continence sont doués, en général, d'une plus grande énergie que les autres, et peuvent donner une somme beaucoup plus considérable de travail, soit physique, soit intellectuel. Chez les animaux, tels que les chevaux, les ânes et les mulets, dont la force musculaire est la principale qualité, ces règles s'appliquent avec une exactitude rigoureuse. Ce qui paraît évident, c'est que la continence indéfiniment pratiquée peut s'allier à l'équilibre le plus parfait des fonctions organiques et à la plus robuste santé. Cependant, chez des hommes d'un tempérament génital excessif, comme le curé cité par Buffon, elle peut déterminer des accès de manie à forme erotique, accompagnés d'hallucinations diverses. Mais il ne faut point oublier que les inconvénients de la continence sont infiniment moins considérables que ses avantages, surtout au point de vue intellectuel. C'est là une vérité trop souvent méconnue, et qu'il importe essentiellement de mettre en lumière.
Passons maintenant à un autre ordre de causes. Les troubles de la menstruation peuvent engendrer la folie, soit au début, soit à la fin, soit pendant le cours de cette grande fonction physiologique.
S'il s'agit des troubles cérébraux, qui peuvent accompagner l'établissement des règles, nous serons en présence de l'hébéphrénie.
S'il s'agit au contraire de la menstruation une fois définitivement établie, nous trouverons une cause importante de l'ahénation mentale dans la suppression subite des règles, soit par l'action du froid, soit par l'effet de la frayeur ou d'une vive émotion. Dans ce cas, on voit brusquement éclater la folie. Hippocrate l'avait observé, et, parmi les modernes,