‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 130 sur 283 · DE LA DÉMENCE · texte numérisé non relu

DE LA DÉMENCE

Sommaire. — Acception légale etacoeplion médicale du mot démence. — Définilion. — Démence primitive et démence consécutive. — Démence toxique. — Influence de la forme du délire. — Autres influences diverses. — Démence agitée. — Démence apathique. — Degrés de la démence. — Affaiblissement des facultés intellectuelles et des aptitudes professionnelles. — Incohérence. — Attitude physique . — Terminaisons.

Démence sénile. — Irritabilité du caractère. — Difficulté du travail intellectuel. — Mode de début. — Excitation morbide ou affaissement insidieux. - Défiance exagérée. — Hypocondrie. — Panophobie. — Érolisme. — Tendance au suicide. — Agitation nocturne.

Démence simple de la sénilité. — Amnésie des clioses récentes. — Perte complète de la mémoire. — Incohérence absolue.

Anatomie pathologique de la démence. — Atrophie du cœur. — Ramollissement. — Cavernes. — Régression des cellules. — Anévrismes miliaires. — Épaississement des os du crâne.

Messieurs,

Si les formes de l'aliénation mentale dont je vous ai jusqu'à présent entretenus — la manie, la mélancolie, leurs •variétés et leurs combinaisons — présentent un ensemble de symptômes nettement définis et logiquement coordonnés, il n'en est pas ainsi de la démence. Par sa nature même, le sujet manque de clarté et ne se laisse point enfermer dans des limites précises.

Nous ne rappellerons que pour mémoire la différence fondamentale qui sépare l'acception légale de l'acception médicale du mot c^éfmence. L'imbécillité, la démence, la fureur, sont les trois termes consacrés sous lesquels les légistes comprennent toutes les variétés de dérangement intellce-

33G |>ES l'OrtMEs nu nÉLiuE.

tuel. Envisagée à ce point de vue, la démence n'est point un affaiblissement ; c'est un dérangement quelconque des facultés intellectuelles. Pour l'aliénisle, au contraire, la démence est l'abolition plus ou moins complète des facultés de l'esprit. C'est le dernier terme de ces processus morbides qui, sous les formes les plus diverses et avec les altérations les plus différentes, aboutissent plus ou moins rapidement à une déchéance commune. On comprend dès lors que la démence, conséquence ultime d'une multitude d'états fort différents, doit refléter nécessairement, dans ses caractères symptomatiques, la diversité de ses origines. Elle ne saurait donc se prêter à une description vraiment syrithétique.

Il est cependant indispensable de posséder une idée nette de cette étape terminale qui, dans la majorité des cas, vient clore l'évolution des maladies mentales et peupler nos asiles de ces vieux aliénés qui constituent, pour ainsi dire, le fonds de roulement de toute maison de santé bien organisée.

Définir la démence est une entreprise difficile, et ce n'est que progressivement que nous sommes arrivés à donner à cette expression le sens qu'elle comporte aujourd'hui. Au point de vue étymologique, le mot démence indique l'affaiblissement des facultés, l'extinction de l'intelligence. Mais il faut distinguer, comme l'ont déjà fait les anciens, l'absence congénitale des facultés intellectuelles de leur déchéance consécutive aux diverses affections dont l'appareil de la pensée peut devenir victime. Cette distinction, on le sait, a été fort nettement formulée par Esquirol. Il définit la démence une affection cérébrale, ordinairement sans fièvre, et caractérisée par raffaiblissement de la sensibilité, de l'intelligence et de la volonté. Mais il fait observer que

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ridiot est un homme qui n'a jamais possédé de fortune au point de vue intellectuel, tandis que le dément est l'homme qui a perdu la fortune qu'il possédait autrefois. Sous ce rapport, les idées d'EsquiroI ont absolument prévalu - elles représentent en quelque sorte la fondation même de toutes nos connaissances à cet égard; mais, comme Pinel, Esquirol admet une démence aiguë, par opposition à l'a forme chronique. En se plaçant au point de vue des symptômes extérieurs, il est évident que les aliénés en état de stupeur semblent avoir perdu momentanément toutes leurs facultés intellectuelles; mais, comme nous l'avons vu, la plupart des malades plongés dans cet état sont atteints d'un délire très actif, peuplé d'hallucinations terrifiantes, et, s'il existe des stupides dont l'esprit est vraiment annulé, il faut distinguer cet état pathologique de la déchéance intellectuelle m frappe définitivement et pour des causes diverses un si grand nombre de vieux aliénés. Nous appliquerons donc exclusivement le mot de démence à un état incurable qui econnait les origines les plus différentes, mais qui se caractérise essentiellement par la ruine irrémédiable de la iciison ■

Comprise de celte manière, la démenée se distingue en ZCT'Tr"''- " -lativementpeu

utaement ou progressivement. Tute rapporte l'observata d une jeune fille de di.-sept ans, bien portante et par-

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ggg DES FORMES DU DÉLIRE.

Quant Ua démence primitive, t lente évolutton elle est . caractérisée par l'aftaiblissement progrcss.f de toutes les fecÛlt i^'elLtuelles. Griesinger, M. BaiUarger et d autres auteurs en ont rapporté des exemples.

M "s 1 est incontestable que, dans l'immense maiorUe aefc a démence est consécutive i «n état patholog,qu raicédée. C'est un point ^'-'v^e et non pas un point de départ. Nous serons donc amenés à etabhr p.u sieurs variétés de démence consécutive.

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