‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 137 sur 283 · ÉDUCATION · texte numérisé non relu

ÉDUCATION

cendants. Elle est à l'espèce ce que l'identité personnelle est à l'individu. Par elle, au milieu des variations perpétuelles, il y a un fond qui demeure. Par elle, la nature se copie elle-même et se reproduit incessamment. Sans elle, les divers types de l'animalité seraient livrés aux caprices du hasard. Sans elle, les nations les plus civilisées seraient exposées à tomber subitement au niveau des peuples sauvages, faute d'avoir reproduit d'une génération à l'autre les mêmes sentiments, les mêmes tendances et les mêmes instincts.

Sans adopter d'une manière absolue les théories de Darwin et en se tenant aux faits les plus authentiques et les moms contestables, il est évident qu'une distance incommensurable sépare de leur prototype sauvage les animaux domestiques qui vivent familièrement avec nous ; dans cette évolution progressive, l'hérédité est le facteur capital, et je n en yeux qu'une seule preuve : c'est que les qualités d'un cheval de sang, comme le savent tous les éleveurs, sont infiniment mieux précisées par son arbre généalogique que quefds' ' peuvent tromper quel-

Si, chez les êtres inférieurs, l'hérédité peut exercer une telle puissance, que dirons-nous de l'homme? C'est à l'hérédité qu'il doit tous ses progrès ; c'est à l'hérédité que chacune des variétés de l'espèce humaine doit son type ; et les caractères essentiels d'une famille, d'une nation, d'u^e race sontler sultat d'un travaillent et continu, dont l'oHgin Re perd dans la nuit des siècles, mais dont la filiation se manifeste sans cesse avec une nouvelle évidence.

En effet, réd,cation, soit artificielle, soit naturelle, ne mod fie 3 seulement l'individu ; elle prolonge son ac ion jusque sur sa postérité. Toute habitude acquise, toute im-

ggQ DES CAUSES DE IK FOLIE.

pression portée sur les centres nerveux, y laisse une em- , preinte plus ou moins durable et qui est susceptible de se transmettre par l'hérédité.

Nous savons que l'évolution des centres divers du système nerveux suit une marche régulière et pour ainsi dire hiérarchique. Je n'entends pas le mot centre dans le sens étroit que lui donnent les localisateurs modernes : j'entends par là l'appareil qui préside à une fonction déterminée. Or, il est incontestable que les centres moteurs des membres inférieurs se développent avant ceux des membres supérieurs, et que les organes du langage et de l'intelligence sont plus tardifs dans leur évolution. 11 est donc de la plus haute importance de saisir le moment favorable pour développer, par l'éducation, l'activité fonctionnelle de chacun de ces appareils pris isolément; une fois le moment passe leur education devient plus difficile etmoins fructueuse. La marche la danse, l'équitation, l'escrime, la musique doivent être

apprises de bonne heure.

La culture intellectuelle ason moment opportun, et 1 ha- ■ bileté manuelle qui distingue nos artisans les plu. h^ii^s j ne s'acquiert que par une éducation commencée de bmme , heure et longtemps prolongée. Or, ces dispositions favora- bles, une fois acquises, se t-nsmettent par voie d he dité. et, en poussant un peu plus loin ce principe on arrive presqu^ à c'réer des facultés nouvelles qui distinguent leur avantage certaines races de toutes es -^^'^^ ainsi que les montagnards sont agiles sont cavaliers; c'est ainsi que,.chez 1- habitants de v^ plaines del'Asie centrale, l'habitude de P^o^S^^ ' Ls l'immensité semble développer l'acuit v.uel^^^^^ degré qui surpasse les facultés ordinaires. Les Lieu dit on, distinguent un lièvre dans la plaine à une d.tance

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