‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 141 sur 283 · MARIAGES CONSANGUINS · texte numérisé non relu

MARIAGES CONSANGUINS

trouverez facilement dans le cercle de vos observations personnelles.

Toutes les fois qu'une plainte s'élève au sujet d'une séquestration arbitraire dans un asile, pourquoi le public prend^il si vivement fait et cause contre les aliénistes? Parce qu'il existe dans le public un nombre considérable d'aliénés en liberté qui prennent fait et cause pour un de leurs confrères.

Il est donc impossible de savoir au juste quel est le nombre des fous ; mais il paraît évident qu'ils sont plus nombreux à la ville qu'à la campagne. Est-ce une raison pour mcnramer les effets d'une plus grande activité intellectuelle? Non, sans doute, caries villes, et surtout les grandes villes, exercent une attraction considérable sur ces esprits mal équilibrés, sur ces candidats à l'aliénation mentale qui affluent dans les centres populeux soit avant, soit après 1 explosion de la folie. Au reste, il paraît bien démontré que, tout au moins dans les villes, l'aliénation mentale est beaucoup plus fréquente, dans la classe pauvre et relativement Ignorante, qu'au sein des classes plus élevées par leur éducation et qui vivent davantage de la vie intellectuelle

Jon'T"'" ''^""^'"^^ '^'i'''^'"^' nous

venons d exposer, nous croyons devoir conclure que selon

oute probabilité, les progrès delà civilisation favori;e„t"

developpenient de l'aliénation mentale. Mais possédons-no

venta le civil.^^^^^^^ de croire, comme le

V i!ll;r -".'""^^ ^'i» en était

nt ;èv eT ^"^des esprits généreux

ont rêvée, et que nous sommes encore loin d'avoir réalisée.

Pour compléter l'étude que nous avons entreprise, il nous faut parler de l'influence exercée par des causes mora

de l'ordre le plus élevé : l'édacation, la religion, la politi- , que et les événements extérieurs.

L'éducation exerce-t-elle une influence appréciable sur le développement de la folie? Sans doute, une éducation malsaine et mal dirigée, en diminuant la force de résistance de l'esprit aux causes extérieures, peut faciliter le développement de la folie. Mais on peut se demander, d'une manière plus générale, si, parmi les classes élevées, celles qui iouissent des bienfaits d'une instruction plus étendue et d'un esprit plus cultivé, les troubles de l'entendement sont plus fréquents que chez les gens illettrés. Posée en ces termes, la question est à peu près insoluble, car si le développement intellectuel peut être exagéré, si la culture mtellectuelle est une cause morbigène chez les gens instruits, la misère l'alcoolisme et leurs conséquences viennent largement compenser, dans les rangs inférieurs de la société, l'effet des prédispositions que peut créer l'excès delà culture. Ce qui est une vérité incontestable, c'est que l'éducation, portée à un degré excessif et dépassant pour ainsi dire la mesure des intelligences qui la reçoivent, affaibbt 1 esprit plutôt qu'elle ne le fortifie. Il n'est pas donné à tous de porter légèrement le fardeau de l'érudition , et nul doute que chez certains sujets, le travail exagéré qui leur est imposé dès le collège ne soit une prédisposition aux maladies mentales dans l'avenir.

Mais parmi les résultats les plus immédiats de 1 éducation les tendances religieuses occupent le premier rang. Il esJ hors de doute que, poussée dans cette direction par des excitations qui datent le plus souvent des P:;^"^^ de la vie, l'intelligence peut dévier ; mais il faut é t b u ^ci une distinction profonde entre les temps de ^epos et les p^^^ riodes d'agitation. Dans les moments de calme, loisque

INFLUENCE DE l'ÉDUCATION. 377

rien ne vient surchauffer les croyances, la folie religieuse est relativement moins fréquente. Elle se développe au contraire avec intensité dans les moments troublés, aux époques de renouvellement et de bouleversement des croyances, de réformes religieuses et de polémiques ardentes. C'est alors surtout qu'on voit se développer ces épidémies qui ont joué un rôle si considérable dans l'histoire. Les protestants des Cévennes, les anabaptistes allemands et, dans des temps plus calmes, les méthodistes en Suède et en Angleterre, en ont offert de nombreux exemples. Au reste, ces épidémies peuvent se développer dans des foyers souvent fort limités; telles sont les crises qui ont sévi plus d'une fois dans les couvents ; telles sont les épidémies locales, dont on connaît de nombreux exemples et dont les possédées de Morzine offrent l'un des types les plus récents.

Dans les temps plus calmes et chez des esprits non surexcités, la folie peut survenir par la concentration trop constante de l'esprit sur certaines questions théologiques ; mais il ne faut point oublier que souvent le délire religieux n'est qiiela première manifestation delà folie, comme l'alcoolisme et l'excitation sexuelle. On dit volontiers alors du malade fu 11 est devenu fou par excès de religion ; il faudrait dire au contraire, que ses exagérations religieuses étaient le premier indice de sa maladie. Quoi qu'il en soit, la folie est certainement plus commune chez les natures actives que chez cellesdont 'esprit est passif. Voilàpourquoi, sans dou te,

que chez les catholiques. Comparez à cet égard l'Autriche

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t s rare e ce n est cependant pas le fanatisme qui man-

^ ' ''^'S^'"^ ne tend pas ici à susciter l'activité

g-yg DES CAUSES DE LA FOLIE.

intellectuelle. On dit enfin que la folie est peu commune , en Chine et au Japon. Il convient d'ajouter que les Chinois sont le peuple le moins religieux de la terre, et s'ils se plient à certaines formalités, c'est surtout par respect pour les bienséances et non par l'etTet d'une croyance profondément enracinée.

On a beaucoup parlé de l'influence de la guerre et de ses désastres, et cela surtout à la suite des événements de 1870. Quand les Prussiens brûlaient, en France, des villages entiers on a vu de malheureux paysans, en présence des flammes qui dévoraient leurs pauvres maisons, devenir subitement fous. Mais il n'est aucun désastre inattendu qui ne,soit capable de produire de semblables effets.

Restent enfin les institutions politiques, et l'on ne saurait nier leur influence. Les pays libres, les pays de discussion fournissent des cas beaucoup plus nombreux de fohe que les royaumes absolus. Mais il faut ici rappeler la distinction que nous avons précédemment etabhe; 1 excitation politique peut sans doute produire des cas de folie, mais le plus souvent elle se borne à les mettre en évidence. Aux époques de commotion politique, ces aliénés que la société recèle dans ses profondeurs montent volontiers a la surface et se révèlent tout entiers.

Il est donc possible (et je le crois pour ma part) que les mœurs delà liberté favorisent le développement de 1 a henation mentale ; et quand même il en serait amsi, lali« niême à ce prix vaudrait la peine d'être ^on.n.^^^^ pour sa justification, il est permis de dire que le p us s u ent elle ne fait que mettre en lumière ce qui exis . et que le véritable remède aux excitations morbides qu el e ut développer se trouve dans une éducation saine, so-

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