INFLUENCE DE LAGE ET DU SEXE
sur trois personnes âgées, il en est au moins une qui présente des irrégularités de caractère ou des lacunes intellectuelles qui permettent d'affirmer que l'esprit n'est pas absolument sain .
En résumé, le véritable domaine de la folie, quelle que soit d'ailleurs sa forme, est cette longue période qui s'étend depuis la puberté jusqu'à la cinquantaine. C'est l'époque de la plus grande activité intellectuelle ; c'est encore la période la plus favorable aux aberrations de l'esprit. Du reste, comme le terme de trente-cinq ans embrasse la meilleure partie de la vie humaine, il suffirait de dire que l'aliénation mentale est infiniment plus rare aux deux extrémités de la vie que dans la partie moyenne de son cours.
H est difficile d'établir un partage équitable de la folie entre les deux sexes. Cœlius Aurelianus affirme que les femmes sont moins sujettes à la folie que les hommes. Pour Esquirol, elles le seraient davantage. Il est évident qu'on ne saurait à cet égard rien affirmer sous une forme absolue. D'une part, la paralysie générale et l'alcoolisme exercent surtout leurs ravages dans le sexe masculin. D'autre part, ;la folie génitale est plus commune chez la femme. Le délire de la puberté frappe également les deux sexes. Mais la folie puerpérale, la folie de lactation, la folie utérine, celle de l'âge critique, celle qui se rattache à l'hystérie sont le partage exclusif de la femme. Enfin, si, chez l'homme, les fatigues, les excès, les travaux intellectuels, sont de graves prédispositions à la folie ; chez la femme, les émotions pénibles, plus vivement et plus profondément ressenties, sont une des causes les plus fréquentes de l'aliénation mentale. Il semble donc que la balance est à peu près égale. Si, pour trancher la question, l'on s'adresse au critérium brutal de la statistique, on trouve qu'en France et en Angleterre, c'est dans
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lo sexe masculin que se trouve la proportion la plus élevée • d'aliénés. Mais il faut se rappeler qu'il existe parmi les hommes une population considérable d'idiots et de crétins, ce qui rétablit l'équilibre dans une certaine mesure ; car si l'on déduit ces congénitaux du nombre total des aliénés, on trouve moins de fous dans le sexe masculin que dans le sexe féminin. En Prusse, dans les asiles, on trouve une proportion de six femmes aliénées contre cinq hommes. Il faudrait peut-être admettre, avec Jarvis, que la race influe dans une certaine mesure sur ce point. Quoi qu'il en soit, la différence entre les deux sexes, au point de vue de 1 aliénation, est relativement peu importante.
Toutes les statistiques s'accordent à faire l'éloge du mariage et à signaler, chez les célibataires et les veufs, une plus forte proportion d'aliénés. Mariez-vous donc, messieurs, et deux fois plutôt qu'une. Mais je dois vous prévenir que, d'après tousles auteurs,rune des causes les plus fréquentes delà folie, ce senties chagrins, les soucis et les dissentiments de la vie conjugale. 11 semble assez difficile de réconcilier ces données contradictoires. Il vaut peut-être mieux changer les termes de la question et se demander quels sont les célibataires qui deviennent fous.
A part les exceptions, la plupart des célibataires du sexe masculin sont pauvres d'argent ou de santé. Les premiers n'ont jamais pu fonder une famille, parce que les moyens matériels leur faisaient défaut; -les seconds ont dû renoncer à la vie conjugale, pour cause de misère physiologique. Chez les premiers, les privations, le travail et l'angoisse ont contribué, plus peut-être que le célibat, à deve oppei la folie- chez les seconds, les prédispositions morbides a- .raient largement la porte à l'ennemi. Mais un bon^^^^^^ noine, pourvu d'une grosse prébende et d une brillante