‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 147 sur 283 · FOLIE DES PRISONNIERS · texte numérisé non relu

FOLIE DES PRISONNIERS

rang appartient sans conteste aux hommes exposés à de fortes chaleurs ; tels sont, par exemple, les cuisiniers et les raffîneurs. Nous trouvons, par contre, au bas de l'échelle, les professions calmes et sédentaires, les épiciers, les tailleurs ; enfin, parmi les plus favorisés, il faut classer les petits rentiers, que leur situation modeste met à l'abri des privations et des excès.

Mais il est une catégorie particulière d'individus qui présentent une prédisposition toute spéciale à la folie : ce sont les prisonniers (l). Il ne s'agit point là, direz-vous, d'une profession ; non sans doute, et pourtant il est des individus pour qui l'état de prisonnier est une véritable position sociale.

Notons d'abord les prédispositions. En laissant de côté les grands criminels, nul doute que la folie plus ou moins latente n'existe chez un grand nombre de petits déhnquants. D'après Lasègue, près d'un tiers des fous qu'on conduit à la préfecture de police ont sur la conscience quelque délit suivi d'une condamnation plus ou moins grave, et, comme le fait observer M. Sauze, une partie considérable de la population des prisons serait mieux placée dans les asiles d'aliénés. Chez plusieurs de ces sujets Il existe des lésions physiques, des infirmités cérébrales, de l'épilepsie ; tous, d'ailleurs, ou presque tous ont des antécédents déplorables ; ils ont vécu dans la crapule et la misère. Au reste, comme le fait observer Delbruck ce ^ont surtout les criminels impulsifs, ceux qui commettent ts violences contre les personnes, qui présentent ces prédispositions ; les voleurs et surtout les voleurs de profession sont beaucoup moins exposés à l'aliénation mentale.

(1) Cette question a été tout spécialement étudiée par Schuie.

Reste à déterminer Tinfluence des prisons elles-mftmes sur leurs habitants. Tous les prisonniers ont à souffrir du manque d'air, du manque d'exercice, d'une nourriture imparfaite et de l'ennui qui ronge plus énergiquement les natures vulgaires que les esprits cultivés. L'homme inculte en effet, vit surtout par les sensations extérieures, dont il est privé dans son cachot.

Telles sont les conditions générales où se trouvent tous les sujets enfermés dans une prison ; mais il est des cond.tiens spéciales qui peuvent influer plus énergiquement en-

core sur l'état mental. , . ^ j

Il existe, en effet, une profonde différence à cet esard entre Pemprisonnement cellulaire et l'emprisonnement collectif. Lesystème adopté dans certains établissements prive totalement le prisonnier de toute communication avec ses semHables.Entermé dans une cellule oî. il ne voit personne, surveillé par des gardiens dont il n'entend même pas la voix et qui circulent sans bruit dans les couloirs le prisonnier es. conduit tous les dimanches dans une cbapelle ou • se trouve enfermé dans une stalle qui lui déro e la «i de ses voisins et ne lui laisse voir que le prédicateur. Tel était autrefois le système adopté en P''"^î>™."'^- ^ , . ^ L'emprisonnement cellulaire, plus »<""7°'"P'^';! pour effet, che. presque tous les sujets, d'an-of ™.' auditive. Plusieurs individus, Meur sortie de prison, » rouvent presque complètement sourds. Mais .l a cgale- Te pour effet d'affaiblir les facultés in'ell^»'"*" Tondu re certains prisonniers par une pente gradueU^. v ^ la démence. Avant d'atteindre ce dernier terme, I s jet peut traverser les diverses formes de l'ai-"»"™ * ! il est souvent atteint d'hallucinations de 1 ou.e qm

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