CAUSES MORALES
tel. Il Gst d'autres influences qui, agissant plus lentement, n'en arrivent pas moins à troubler la raison ; les chagrins domestiques (Esquirol), les amours contrariées, les mariages mal assortis ont, à cet égard, une influence incontestable, surtout chez les femmes, qui ne trouvent point dans la vie extérieure les compensations qui appartiennent surtout à l'autre sexe. Les tourments de l'ambition déçue et les excès du travail inteflectuel sont parmi les origines les plus fréquentes de la folie. Nous signalerons aussi l'exaltation du sentiment religieux surchaua"é par des prédications intempestives.
Les changements d'état soudains peuvent également influer d'une manière fâcheuse sur l'équilibre des faculté<. On a vu des employés mis à la retraite et privés brusquement des habitudes qu'ils avaient coutractées pendant une longue vie de travail, verser graduellement dans l'aliénation mentale,
Signalons enfin les effets, aujourd'hui bien connus, de l'imitation, en d'autres termes, la contagion de la folie. Son influence peut s'exercer sur un vaste théâtre, comme dans les épidémies d'aliénation mentale qui ont éclaté à diverses reprises. Elle s'exerce aussi dans un espace plus restreint, et c'est alors la folie à deux si bien décrite par Lasègue et M. Falret et qui, depuis, a été l'objet d'un grand nombre d'autres travaux, parmi lesquels je citerai surtout 1 excellente thèse de M. Régis.
Messieurs, si je me suis longuement étendu sur l'étioogie des maladies mentales, c'est parce qu'il est impossible, ^ mon avis, d'avoir une idée juste de la nature, de l'évo- ^^•t'on et du pronostic de la folie sans connaître à fond ses l^ngines, et sans avoir pénétré, dans la mesure du possible ^es lois mystérieuses qui président à sa naissance. Pour le
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clinicien comme pour le pliilosoplie, cette étude est pleine d'enseignements ; elle devait donc occuper très sérieusement votre attention, et vous ne regretterez point, je l'espère, le temps que nous y avons consacré.