‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 177 sur 283 · DU DÉLIRE DES 1>EUS15CUTI0NS · texte numérisé non relu

DU DÉLIRE DES 1>EUS15CUTI0NS

absolument aucun des symptômes physiques de la paralysie générale, que la parole est parfaitement nette et bien articulée, quoiqu'elle parle avec une grande rapidité, et que ses idées de grandeur n'ont aucun des caractères habituels qu'on rencontre chez les paralytiques ; point de millions, point de milliards, point de conceptions niaises et surtout point de ces défaillances par lesquelles ces malades abandonnent de temps en temps leur rôle pour tomber dans des contradictions ridicules. Notre malade est une véritable ambitieuse. Elle n'abandoime jamais ses prétentions et maintient toujours sa fîère attitude. Elle est, en outre, une vraie persécutée ; elle se plaint de tout le monde et n'a pas encore, à proprement parler, fait choix d'un persécuteur.

Messieurs, la présence des idées de grandeur chez les fous persécutés a été notée par les auteurs bien longtemps avant qu'on n'eût conscience de la portée de ce. fait ; mais, sans parler des anciens, c'est Morel qui, le premier, après avoir constaté le phénomène, en a signalé toute l'importance, au point de vue de l'évolution. Ses premières remarques datent de 1860 (1); il est vrai qu'il parle surtout des hypocondriaques, mais il est évident, d'après le texte, qu'il avait en vue certains persécutés chez qui l'hypocondrie joue un rôle prépondérant. Foville, dans son célèbre mémoire sur le délire des grandeurs (2), est venu consacrer ses observations, lui apporter l'appui de son expérience. Enfin avec Falret et Legrand du SauUe, nous entrons dans la série des observateurs plus modernes. Je n'ai pas besom de vous rappeler les travaux de M. Magnan et de ses élèves, dont je vous ai si souvent signalé l'importance.

(1) Traité des maladies mentales, 1860, p. 714 et suivantes.

(2) Mémoire couronné par rAcadcmic de médecine, 18G9;

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