FORMES DIVERSES. 8G
vent couvrir un espace de plusieurs mois. Cependant il est des cas oii les périodes sont très courtes, et j'ai dans mon service, en ce moment, une femme atteinte de paralysie générale, chez qui les alternatives d'excitation et de dépression présentent un type quotidien. Un jour elle est plongée dans la tristesse la plus profonde, elle s'afflige des moindres incidents, elle voit tout en noir ; le lendemain elle est pleine de gaieté et d'expans\on et prend philosophiquement son parti des contrariétés qui l'affligeaient si vivement la veille.
En général, dans la période dépressive, le délire prend ici la forme de l'hypocondrie; dans la période expansive, il présente le type de la manie aiguë. On comprend d'ailleurs qu'il peut exister à cet égard des variétés infinies.
8° Il existe une forme aiguë ou galopante de la paralysie générale.
Signalée pour la première fois par Beau (1852), décrite par Trélat sous le nom de paralysie générale galopante, étudiée depuis par de nombreux observateurs, elle a fourni à Linas le sujet de sa thèse inaugurale. La marche de la maladie est extrêmement rapide, car la mort survient au bout de quelques jours. On peut se demander s'il s'agit bien réellenrent ici d'une forme particulière de la paralysie générale ; on serait plutôt tenté de croire à une variété d'encéphalite aiguë.
9° Enfin il existe certainement une forme fémitiine de la maladie qui nous occupe, car le sexe influe incontestablement sur l'évolution morbide.
Voyons maintenant quelle est la marche, quelle est la durée, quelles sont les terminaiwns de la paralysie générale.
Marche. — Pour étudier la marche d'une maladie, il faut nécessairement se rapporter aux cas types. La paralysie générale présente un si grand nombre de formes et de variétés, qu'il nous faut absolument écarter ici une partie des détails, sous peine de nuire à la clarté de l'ensemble.
On admet généralement trois stades dans le développement de la paralysie générale : une période initiale, une période d'état, une période de déclin. Certains auteurs décrivent aussi des prodromes, qui ne se confondraient pas avec' la première période. C'est ainsi que Mendel décrit, dans l'évolution du type classique, un stade de prodromes ; une première période mélancolique ou hypocondriaque ; une seconde période caractérisée par l'excitation maniaque; enfin une troisième et dernière période qui appartient tout entière à la démence. Nous ne saurions admettre que la maladie qui nous occupe débute toujours (même dans les cas classiques) par la dépression, pour arriver ensuite à l'excitation ; nous croyons surtout qu'il n'est point nécessaire de multiplier indéfiniment les divisions en pathologie, lorsqu'elles ne sont pas absolument indiquées par la nature même des choses. Nous nous contenterons donc d'admettre trois périodes, avec la plupart des observateurs français.
Première période, initiale ou prodromique. — Il est rare de voir brusquement débuter la maladie. Presque toujours on voit apparaître des phénomènes très variables, d'abord indistincts et confus, puis s'accentuant plus nettement, de manière h. dessiner d'une façon moins incertaine le profil de la maladie. Peu à peu, la convergence de ces éléments divers finit par accentuer la physionomie du mal et par permettre de formuler un diagnostic précis. Vers ce moment, le malade entre dans la deuxième période, qui va nous occuper tout à l'heure.