‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 244 sur 283 · LÉSIONS ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

LÉSIONS ACCESSOIRES

mement rares, on a signalé l'atrophie et l'amincisseraent des parois de cette boîte osseuse.

Signalons aussi une teinte rouillée, qui s'observe quelquefois à la surface profonde de la dure-mère, et qui a été surtout signalée par les auteurs anglais. On trouve aussi, chez certains sujets, de la pachyméningite hémorragique et des kystes de l'arachnoïde.

Nous avons déjà parlé de l'ampliation de la cavité des ventricules. On a noté souvent sur l'épendyme une série de petites saillies mamelonnées, hyalines et transparentes. Signalées par Bayle, étudiées avec soin par Joire, qui en fait la lésion pathognomonique de la paralysie générale, elles ne se rencontrent que très rarement en dehors de cette maladie. MM. Magnan et Mierzejewsky les ont attentivement décrites au point de vue histologique, et nous savons aujourd'hui qu'elles sont constituées par de petits fibromes, nés de la couche réticulaire de l'épendyme.

Nous avons étudié avec soin les lésions macroscopiques de la paralysie générale, et sans en méconnaître l'importance, nous devons reconnaître qu'elles ne valent que par leur ensemble. Prise isolément, chacune d'elles peut manquer ; il est même des cas où elles manquent toutes ensemble. Lélut, le premier, a rapporté deux observations de paralysie générale, sans lésions du cerveau ni de ses membranes {]). D'autres aliénistes ont signalé des faits semblables. Nous pensons, avec Marcé, que les faits de ce genre ne doivent pas être admis sans contrôle. Mais, en faisant la part des erreurs possibles de diagnostic, nous ne saurions refuser de constater qu'il n'existe, parmi les lésions qui

(I) Annales médicu-psycholugiquvs, l. J, ji, 179,1842.

peuvent être reconnues à l'œil nu, aucun caractère dislinctif de la paralysie générale.

Voyons donc quelles sont les lumières que nous fournit, à cet égard, l'analyse histologique.

I. État des vaisseaux. — Les capillaires présentent des signes évidents d'une inflammation chronique. D'abord, au premier degré, quand il s'agit de lésions encore peu avancées, on reconnaît un état variqueux, irrégulier, de ces petits vaisseaux ; en même temps, apparaissent des capillaires de formation nouvelle, fait très important, signalé par Meyer, Scliule et Lubimoff. On constate ensuite une multiplication des noyaux des parois vasculaires (Wedl, Galmeil). On remarque surtout ces lésions dans l'adventice; mais il peut exister aussi une prolifération des noyaux oblongs des tuniques interne et moyenne.

Souvent aussi la gaine lymphatique est distendue par des leucocytes et des globules rouges ; le vaisseau décrit alors

des flexuosités dans sa gaine.

Ces altérations sont souventle point de départ d'anévrismes

miliaires qui sont toujours précédés de périartérite.

Signalons aussi l'épaississement de l'adventice et la multiplication de ses éléments fusiformes (L. Glarke, Luys), l'état vitreux (Mierzejewsky) et l'état colloïde (Magnan) des capillaires, enfin l'altération graisseuse et pigmentaire de leurs parois (Gray, Mierzejewsky).

Quant à l'état de la circulation dans les vaisseaux malades, elle serait caractérisée, d'après Galmeil, par une hyperémie intense et généralisée, quand la maladie a suivi une marche très rapide. Cependant, Mendel (1), dans deux cas de paralysie générale à forme galopante, n'a point constaté celte réplétion excessive des capillaires.

(1) Mondol, op. cit.^ p. il.

Page 1