TRÉPANATION
leur affection, ont une influence incontestablement nuisible.
Quant aux bains ordinaires, si justement appréciés dans le traitement de la folie, ils sont ici d'une utilité pour le moins contestable.
Emissions sanguines. — La paralysie générale est, au moins dans la plupart de ses formes, une maladie éminemment congestive. On comprend donc, théoriquement du moins, l'utilité de la saignée, surtout au début. Nous sommes loin de contester les avantages de cette méthode, mais nous pensons qu'elle ne doit être appliquée qu'aux cas typiques, et avec la plus grande réserve. C'est surtout aux accidents congestifs, si fréquents dans la paralysie générale, que peuvent convenir les évacuations sanguines. Elles doivent être peu abondantes et souvent répétées. Comme procédé opératoire, nous préférons les applications de sangsues à la phlébolomie, recommandée par M. A. Voisin.
Electricité. — L'emploi de l'électricité a été conseillé par Hitzig, Arndt et Newth. On fait habituellement usage du courant galvanique, et on agit sur la moelle épinière en plaçant le pôle négatif sur la nuque et le pôle positif sur l'une des extrémités.
Hitzig, qui dirige le courant plus spécialement sur la portion cervicale de l'axe spinal, prétend avoir considérablement amendé, par ce moyen, les troubles de la parole. D'autres observateurs (Mendel) ont été moins heureux. Je dois avouer que je n'ai jamais obtenu, chez aucun des sujets que j'ai traités, la moindre amélioration par l'emploi des courants galvaniques.
Trépanation. — On s'étonnera, sans doute, de voir parler ici d'un traitement chirurgical. Mais les progrès incessants de la science m'obligent à traiter cette question.
Depuis quelque temps, la trépanation du crâne sur les côtés de la suture sagittale a été pratiquée dans certains cas de paralysie générale par le docteur Glaye Shaw et par le docteur Batty Tuke [28 juillet 1889 (l)],et l'on prétend que la guérison aurait été obtenue par cette opération. On aurait vu, après l'ablation d'une rondelle de trépan, la dure-mère faire hernie au dehors du crâne, ce qui semble indiquer un excès de tension. Une controverse assez vive s'est produite en Angleterre à ce sujet, et l'on peut avec raison se demander s'il, est utile, pour les paralytiques généraux, de diminuer la pression intracrânienne, ce qui peut déterminer un appel du sang à la circulation capillaire. En tout cas, si l'on se résout à pratiquer cette opération qui, par elle-même, ne paraît pas aussi grave qu'on le pense habituellement, il faut choisir soigneusement les cas et s'armer d'une grande sévérité pour en juger les résultats.
Traitement pharmaceutique . — Il n'existe évidemment aucun spécifique contre la paralysie générale, et nous sommes absolument opposés à l'emploi du traitement antisyphilitique qui a été indistinctement appliqué à tous les cas de paralysie générale, sous l'empire de certaines préoccupations théoriques.
Le mercure, en effet, nous paraît absolument contreindiqué chez ces malades. Mais, au contraire, l'iodure de potassium, quand il est bien supporté, donne souvent de bons résultats ; son efficacité, bien entendu, ne dépend en rien de l'existence préalable d'une maladie syphilitique. Pour mieux faire tolérer ce médicament, nous ne dépassons jamais la dose de 1 gramme par jour, au maximum; nous le combinons volontiers aux bromures alcalins, surtout
(1) lirilish Médical Journal, IG novembre ISSSJ et 4 janvier 1890.