CERVEAU
science. M. Liiys a démontré qu'il existe chez eux un arrêt de développement manifeste des vaisseaux de l'écorce corticale; non seulement leur nombre est extrêmement réduit, mais leur structure même présente des irrégularités manifestes. La membrane périvasculaire peut manquer absolument ; les vaisseaux, lors même qu'ils existent, peuvent être absolument imperméables.
On comprend qu'en présence de ces altérations^ on doit s'attendre à rencontrer des lésions manifestes des cellules cérébrales ; réduites en nombre et en volume, elles sont en plusieurs endroits en pleine dégénérescence, déchiquetées sur leurs bords, irrégulières dans leurs formes et souvent infiltrées de grains de pigment ou de sels calcaires. Ce sont là véritablement des cellules idiotes, suivant une expression que nous avons déjà empruntée à Maudsley.
La substance conjonctive, qui forme la trame cérébrale, est souvent développée àl'excès, par compensation, en quelque sorte, pour l'atrophie et la disparition des parties nobles de l'encéphale.
Ajoutons enfin que de vraies lésions pathologiques peuvent souvent exister dans le cerveau des idiots, soit qu'il s'agisse d'un rapport direct de cause à effet, soit, au contraire, qu'il s'agisse d'une affection intercurrente.
C'est ainsi qu'on rencontre, chez ces sujets, des méningites, des méningo-encéphalites, des hémorragies, des ramollissements, enfin la pathologie cérébrale presque tout entière.
Porencéphalie. — Un état particulier du cerveau chez les idiots a fixé depuis quelque temps l'attention des anatomistes,
La lésion consiste en des excavations visibles à la surface du cerveau; ces cavités sont revêtues par la pie-mère. On
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peut constater la destruction d'une circonvolution entière, d'oti la formation d'une fente comme chez l'enfant de quinze mois observé par Kundrat, ou bien une ouverture infundibuliforme d'une profondeur variable, pouvant aller communiquer avec le ventricule. La pie-mère revêt aussi ces sortes de cavités. L'espace ainsi formé est rempli de sérosité.
Les circonvolutions voisines, plus ou moins atrophiées, convergent vers ce point, présentant ainsi une disposition radiëe. Le reste du cerveau peut être normal ou présenter dans ses replis une disposition atypique.
Le crâne est quelquefois asymétrique.
La base du cerveau et les ganglions peuvent présenter les mêmes arrêts de développement.
Tantôt il s'agit d'une anencéphalie partielle ; tantôt il faut rapporter la lésion à des troubles circulatoires, à des hémorragies, à des inflammations. Ce qui autorise cette manière de voir, c'est que ces mêmes troubles, se faisant à une époque plus tardive de la vie, entraînent des lésions semblables du cerveau et des méninges. Enfin, dans d'autres cas, on peut incriminer les troubles de la circulation dus à l'hydrocéphalie interne.
Si des circonvolutions voisines de la lésion sont intactes, il faut admettre que la maladie s'est développée vers le cinquième mois; sinon, la lésion est encore antérieure à cette époque. Et il s'agit alors d'une anomalie de formation, sans possibilité d'invoquer des troubles vasculaires, d'ischémie d'un territoire commandé par une artère, la sylvienne, par exemple.
Il résulte de là que, tantôt la maladie est due au nondéveloppement de telle ou telle circonvolution : c'est la porencéphalie vraie ; et que tantôt elle est due à une lésion
LÉSIONS DIVERSES. QSl
variable entraînant la destruction des mômes parties (1) : c'est la pseudoporencéphaîie.
Mais le cerveau n'est pas tout. Il nous reste à signaler très rapidement les vices de conformation ou les états morbides qui peuvent se rencontrer dans d'autres points du corps et qui viennent compléter le tableau.
On nous pardonnera d'abréger cette partie de notre description, que nous ne voudrions point allonger outre mesure.
On rencontre chez les idiots de nombreuses altérations de la face. Souvent elle est asymétrique ; souvent elle est imparfaitement développée. Chez beaucoup de sujets, la mâchoire inférieure est fort petite et le menton très court. Griesinger compare certaines physionomies d'idiots au type de l'oiseau, et la ressemblance est. assez frappante chez les microcéphales, dont le frontal et l'occipital, inclinés tous les deux, viennent se rejoindre pour ainsi dire au sommet de la tête, tandis que la saillie du nez, le retrait du menton et l'étroitesse générale de la figure semblent dessiner un bec à la partie antérieure de la face.
Chez d'autres sujets, au contraire, on rencontre un type absolument opposé. Le visage est aplati, le nez est enfoncé, les mâchoires saillantes, et il existe un degré marqué de prognathisme. On attribue ce type à l'ossification prématurée de la base du crâne, qui, dans la règle, ne doit se faire qu'après la puberté. Lorsqu'elle est prématurée, il en résulte une sorte de mouvement de bascule qui, en déformant le sphénoïde, imprime à la face les caractères que nous venons de signaler.
Chez certains idiots, on constate une fissure de la voûte palatine et du voile du palais.
(1) Kundrat, Die Porenccphalie. Gratz, 18R2.
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Nous avons déjà signalé les anomalies que présentent les oreilles et l'imperfection de la dentition.
Les idiots sont souvent rachitiques; comme tels, ils peuvent présenter des déformations extrêmement accentuées de la colonne vertébrale, et même chez ceux qui ne méritent point l'épitliète de bossus, il existe souvent une courbure exagérée de la taille.
Nous avons vu que plusieurs idiots sont paralytiques. C'est qu'en effet la moelle épinière est souvent le siège de lésions diverses, les unes congénitales, les autres acquises.
Signalons enfin l'atrophie très commune des organes génitaux et l'état particulier des mains. Elles sont habituellement grêles et allongées. On y remarque souvent un défaut de développement du pouce, qui est remarquablement court par rapport aux autres doigts. On y constate l'atrophie de plusieurs groupes musculaires, et en dehors des lésions anatomiques, une maladresse, un défaut d'habileté qui constitue l'un des meilleurs caractères symptomatiques de l'idiotie et gui relève évidemment d'un vice cérébral.
Contrairement au tableau que nous venons de tracer, il existe, ne l'oublions pas, des idiots bien conformés au point de vue physique et qui, sauf la tête, pourraient presque être considérés comme beaux. C'est surtout chez les imbéciles que se rencontrent ces avantages corporels ; mais on peut aussiles rencontrer, exceptionnellement, il est vrai, chez des sujets dont les facultés intellectuelles se trouvent au niveau le plus inférieur.
Les causes de l'idiotie sont extrêmement nombreuses. Le plus souvent congénitale, l'idiotie peut être acquise. On l'attribue quelquefois à des accouchements difficiles dans lesquels la tête de l'enfant a souffert d'une corapres-