CAUSES. DIAGNOSTIC
sion prolongée ou a été violentée par le forceps. On voit aussi se produire un affaissement incurable des facultés intellectuelles chez de jeunes enfants, à la suite de maladies diverses, parmi lesquelles les pyrexies et surtout la fièvre typhoïde jouent le premier rôle, et|surtout après les convulsions, qui peuvent être symptomatiques d'une méningite ou de quelque autre processus morbide obscur dont l'encéphale est devenu le siège. On admet aussi que les coups, les chutes, les émotions et les frayeurs violentes peuvent arrêter brusquement, chez les jeunes enfants, le développement de l'intelligence. On connaît aussi l'influence déplorable de l'épilepsie, surtout dans les premières années de la vie. Au reste, ces causes diverses ne peuvent amener l'idiotie qu'à la condition d'agir de très bonne heure et dans les premières années de la vie. 11 s'agit, en effet, d'un arrêt de développement et non pas d'une maladie pouvant atteindre le cerveau déjà développé.
Quant à l'idiotie congénitale, elle reconnaît surtout pour cause l'hérédité; elle se rencontre chez des épileptiques, chez des idiots. En effet, certains de ces sujets, et surtout les idiotes, peuvent se reproduire et leurs enfants sont souvent frappés d'idiotie congénitale. La syphilis, l'alcoolisme, les excès vénériens sont également au nombre des origines pathogéniques qui peuvent être invoquées ici. Il s'agit alors d'une évolution viciée dans son principe; mais les maladies qui atteignent la mère pendant la vie intrautérine de l'enfant peuvent également influer sur le développement cérébral du fœtus. Voilà pourquoi les maladies diverses qui peuvent atteindre une femme pendant sa grossesse, mais surtout les chagrins, les émotions, les frayeurs, ont toujours passé à juste titre pour exercer une influencé des plus pernicieuses sur le produit de la conception.
954 DE l'idiotie.
Est-il nécessaire d'établir le diagnostic de l'idiotie ? Cette question peut quelquefois se poser aux praticiens, lorsqu'il s'agit d'apprécier l'état intellectuel d'un très jeune enfant. Indépendamment des difformités crâniennes et des troubles fonctionnels que nous avons signalés, on remarque chez les petits idiots une indifférence profonde à tout ce qui les entoure. Leur physionomie impassible ne semble exprimer aucun sentiment. La maladresse de leurs mouvements dépasse la mesure habituelle. Toutes les manifestations de l'intëlligence et surtout de la parole sont retardées ; enfin leurs habitudes sont incurablement malpropres. En tenant compte de ces imperfections, on pourra généralement reconnaître l'idiotie même chez les jeunes sujets qui présentent une conformation régulière du crâne; mais il faut se rappeler que, même en dehors de l'état pathologique, certains enfants peuvent être retardés dans leur développement et n'acquérir que très tard l'usage de la parole. Ils ne seront pas cependant des idiots. Il faut donc user d'une grande réserve quand les caractères extérieurs ne viennent pas imprimer au sujet le cachet indélébile de sa flétrissure intellectuelle.
Lorsqu'il s'agit d'enfants plus âgés, on peut jeter la sonde dans leur intelligence par un interrogatoire gradué, dans lequel on s'élève progressivement des connaissances les plus élémentaires à des notions plus compliquées; mais les sujets auxquels s'appliquent de pareilles épreuves sont en général des imbéciles plus ou moins complets, mais non de véritables idiots.
L'hygiène, chez les idiots, doit attirer l'attention du médecin. Il faut surveiller leurs habitudes, modérer leur voracité, et surtout combattre cette tendance à la malpropreté qu'ils présentent presque tous à un degré excessif.