MANIE, LYPÉMANIE
Si, maintenant, pénétrant dans les détails, nous clierclions à discuter cliacune des formes de délire dans lesquelles on a voulu circonscrire l'aliénation mentale, l'insufiisance d'une classification pareille éclatera bien plus vivement à vos yeux.
Prenons cet ensemble d'états psychiques divers qu'on a décrits sous le nom de manie.
Voici un malade dans un état d'agitation suraiguë, parlant, vociférant, s'agitant, crachant sans cesse; il profère avec volubilité des mots sans suite : il répète à chaque instant les mêmes expressions d'une voix haletante et saccadée; cet homme, dont l'état semble si voisin du délire aigu, c'est un maniaque.
Mais j'aperçois un autre malade, dont l'intelligence, loin d'être abolie, est manifestement plus active qu'à l'état normal; il jouit d'une mémoire prodigieuse, d'une facilité d'élocution remarquable, et la rapidité surprenante de ses conceptions s'unit à une activité morbide, à un grand désordre d'action. C'est encore un maniaque; mais comment le rapprocher du cas précédent, et qui songerait à prétendre que ces deux sujets sont atteints d'une seule et même maladie ?
D'autres maniaques nous offriront une prédominance d'idées tristes. D'autres nous offriront le spectacle d'une manie intermittente ou périodique ; d'autres enfin seront atteints de folie à double forme et présenteront des alternatives régulières d'excitation et de dépression. Comment réunir dans un seul et même cadre des affections si diverses, et quel avantage peut-on retirer de ce rapprochement forcé, soit au point de vue de la science, soit au point de vue de l'enseignement?
Quant à la lypémanie d'Esquirol, la critique serait en-