‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 63 sur 283 · MONOMANIE, DÉMENCE · texte numérisé non relu

MONOMANIE, DÉMENCE

core plus facile ; il nous suffira de rappeler que, grâce h. M. Baillarger, nous savons aujourd'hui qu'il faut diviser les mélancoliques en deux groupes bien distincts : les uns représentent la mélancolie dépressive, la tristesse avec stupeur et sans idées prédominantes ; les autres, au milieu de leur délire triste, conservent une grande activité d'esprit et n'offrent pas la moindre tendance à la stupeur. Ge ne sont évidemment pas les mômes malades.

Il faudrait également réclamer une place à part pour les mélancoliques anxieux, pour les gémisseurs de Guislain et de Morel, qui se promènent sans cesse de long en large, comme les âmes du purgatoire, en répétant toujours les mêmes paroles.

Reste enfin la lypémanie consciente, sans délire, qu'on ne saurait confondre avec aucune des variétés précédentes.

Nous arrivons maintenant à la monoraanie, l'une des créations les plus contestables et les plus contestées d'Esquirol. Je ne m'arrêterai pas à discuter s'il existe ou non des délires limités, partiels, ou s'il faut dire avec Heinroth : « La folie est une maladie de l'être tout entier ; » je me contenterai de vous dire que la monoraanie, déjà fort compromise par la découverte de la paralysie générale, a reçu le coup de grâce lorsque Lasègue a créé le délire des persécutions. Lisez, en effet, ou plutôt relisez le travail d'Esquirol sur les monomanies, vous n'y trouverez que des paralytiques, des persécutés et des impulsifs ; ces trois catégories une fois soustraites, s'il existe un résidu, rien ne saurait justifier la prétention de lui réserver une place à part.

Il n'est pas jusqu'à la démence elle-même qui, jetée au creuset de l'analyse, ne finisse par s'y fondre et s'évaporer. En effet, une grande partie de ceux qu'on appelait autre-

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