LACUNES DE LA CLASSIFICATION
fois des déments ne sont, en réalité, que des sujets atteints de maladies cérébrales organiques : la paralysie générale, le ramollissement, l'hémorragie cérébrale, les tumeurs, la syphilis cérébrale y apportent chacun leur contingent.
Quant à la démence aiguë d'Esquirol, elle appartient, depuis le travail de M. Baillarger, à la mélancolie avec stupeur.
La démence ordinaire des aliénés n'est, en réalité, qu'un délire à forme chronique, et, le plus souvent, un délire des persécutions.
11 ne reste donc plus au fond du creuset que les incohérents; c'est là d'ailleurs un résidu peu important; leur nombre est minime relativement à celui des autres aliénés, et quand on en gratte la surface, presque toujours on découvre les traces d'un délire ancien, qui persiste encore.
Si la classification d'Esquirol et de Pinel pèche par ce qu'elle contient, elle pèche bien plus encore par ce qu'elle ue contient pas.
^ On n'y voit figurer ni les formes délirantes, si riches et SI variées, qui se rattachent aux névroses convulsives, ni celles qui résultent des grandes diathèses, qui, parmi leurs manifestations directes, comptent des troubles intellectuels SI bien caractérisés; ni l'alcoolisme et les folies toxiques, qui, dans l'état actuel de notre civilisation, jouent un rôle de plus en plus important; ni enfin la grande famille des fohes héréditaires, qui constitue aujourd'hui l'un des groupes les plus naturels dans l'ordre des maladies mentales.
Sans doute, l'influence de la plupart de ces causes était reconnue, et elle trouvait une place à côté des causes morales auxquelles ces observateurs illustres ont toujours