HALLUCINATIONS INTERNES
lopsie, on trouva le côlon descendant atteint d'une entérite chronique dans un espace de huit à dix centimètres. Ce point malade correspondait très exactement au siège du concile.
II en était de môme chez la malade observée par Esquirol, qui croyait aussi qu'elle avait un concile dans le ventre, et qui s'écriait de temps en temps : « Je n'y pute plus tenir ! Quand donc fera-t-on la paix de l'Église ? » Cette femme mourut d'une péritonite chronique (1).
Un mélancolique éprouvait très souvent des borborygmes qui le jetaient dans l'anxiété la plus grande. Pressé de questions, il finît par avouer qu'il croyait avoir des oiseaux dans le ventre, et qu'il craignait de les voir s'échapper et dévoiler ainsi cette déplorable infirmité (2).
Les faits de ce genre peuvent passer pour des illusions ; mais les sensations de certains hypocondriaques constituent de véritables hallucinations, selon la définition classique du mot. Peut-être ne s'agit-il, en définitive, que de sensations confuses et mal définies, qui ne sont ni des Illusions ni des hallucinations, et que les sujets expliquent de leur mieux, selon les pauvres ressources de leur esprit malade. '
Hallucinations de la sensibilité générale. — Certains aliénas éprouvent des hallucinations qu'on ne peut rapporter aucun sens en particulier. Tels étaient les lycanthropes, qui. sous l'influence de certaines pratiques de sorcellerie, entaient leurs membres se couvrir de poils, s'imaginaient
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°^esen loups ; tels sont ces aliénés que nous observons de
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^ M)nUmx, 22 août 1830}.
g4 DES ÉLÉMENTS MORBIDES DE LA FOLIE.
nos jours, qui sentent leur corps ou leur tête se gonfler, leurs membres s'allonger ou se raccourcir, qui s'élèvent involontairement dans les airs ou se sentent transportés avec une rapidité prodigieuse à travers l'espace. Les hallucmations de ce genre se combinent assez souvent avec celles des
Hallucinq^ions complexes. - Ainsi que l'ont remarqué tous les auteurs, les hallucinations de plusieurs sens réunis sont infiniment moins fréquentes que les hallucinations isolées- elles offrent en même temps une gravité incontestable ad point de vue pathologique. En effet, non seulement l état cérébral qui préside à de telles manifestations est d un pronostic plus fâcheux, mais encore il est plus difficile au malade de résister aux convictions erronées qui tendent à s emparer de son esprit. Aussi longtemps qu'il peut corriger les erreurs d'un sens par le témoignage des autres, il conserve un moyen de reconnaître la vérité, qui lui échappe complètement lorsqu'ils se réunissent tous ensemble pour le tromper. Aussi les visions miraculeuses, qui jouent un si grand rôle dans les récits des mystiques, étaient-elles presque toujours fondées sur des hallucinations complexes ; et ces récits, qui frappent l'imagination d'une terreur mystérieuse, ont une tendance à s'imposer à l'entourage du malade ainsi que l'histoire l'a souvent démontré.
Le paysan Martin, pendant qu'il travaille à son champ, voit un ange qui lui ordonne d'aller trouver le roi pour lui dénoncer une conspiration contre le gouvernement ; il part pour Paris, où il attire l'attention au point d'obtenir une audience de Louis XVllL Au sortir des Tuileries, il est mterrogé par Pinel, qui le fait conduire à Gharenton. Si ce malade, au lieu de voir une apparition semblable, n'avait eu qu'une simple hallucination de l'ouïe, il n'aurait pas