HALLUCINATIONS DE PLUSIEURS SENS RÉUNIS
se moqua de sa crédulité. Peu de temps après, on apprit que M. B... avait succombé, le S novembre, à une fièvre typhoïde (I).
L'année suivante, au même anniversaire, elle vit reparaître la figure de son jeune ami. Quelques années s'étaient écoulées, lorsque de nouvelles visions lui annoncèrent la mort de son père et de sa sœur. Un soir, toute la famille était réunie autour d'une table sur laquelle brûlaient deux lampes allumées. En levant les yeux sur son père, elle vit une femme inconnue, en habits de deuil, se tenir debout derrière lui. Quelques jours plus tard, en se regardant dans la glace, elle vit la figure de sa jeune sœur qui devait bientôt mourir ; en même temps, elle entendit tomber un grand nombre de pièces d'argent sur le plancher de la chambre. La veille du jour où son père tomba malade, elle lisait tranquillement, à neuf heures du soir, auprès de sa mère qui venait de s'endormir; tout à coup elle entendit tambouriner sur la table ; en levant les yeux, elle aperçut un homme vêtu de noir, assis devant elle ; iî disparut au bout de quelques secondes. Enfin, huit jours avant la mort de son père, elle reposait tranquillement sur son lit, sans être endormie, lorsque tout à coup, à sa grande frayeur, elle sentit une main glacée s'appesantir sur elle et lui serrer le cou. Depuis cette époque, de nombreuses apparitions du même genre lui ont annoncé la mort prochaine de divers membres de sa famille. Il lui arrive sou-
m-!li/' ^'''^ observation a été rédigée par la
cTnMnn " é°"vait évidemment sons l'empire de ses con-
jptions délirantes : c'est ce qui explique le côté merveilleux de l'his- 'y,, \^'^/'^"^'^'^'^^°'i^<^'^àancQ d'un événement malheureux
médiat! ml r, l'obsédaient sans cesse, prend im-
'ntdiatcment les proportions d'un fait surnaturel.
vent, d'ailleurs, de revoir ses amis décédés, et quelquefois
de les entendre.
Dans cette curieuse observation, nous voyons les hallucinations croître et se développer parallèlement aux convictions délirantes. Les troubles de la vue se montrent les premiers et conservent toujours la prédominance; mais bientôt, à mesure que la malade acquiert la conviction de plus en plus ferme qu'elle est en communication avec le monde des esprits, aux hallucinations de la vue se joignent celles de l'ouïe, puis celles du toucher. Il est évident que la gravité toujours croissante de l'état mental était en rapport direct avec le nombre, l'intensité et la multiplicité des hallucinations. En se plaçant à ce point de vue, l'observation que nous venons de rapporter peut servir de type ; mais la marche des symptômes est loin d'être aussi régulière dans tous les cas d'hallucinations complexes, surtout lorsqu'elles se développent dans le cours d'une maladie aigue.
Hallucinations psychiques. - H est des malades chez qui les fausses impressions ne semblent dépendre en aucune manière des perceptions sensorielles; ce sont des pensées qui prennent la forme d'une conversation tout intérieure, des idées qui se transmettent d'âme à âme sans le secours: de la parole, des dialogues muets avec des interlocuteurs, invisibles; ces phénomènes, dans lesquels l'intervenlion des sens ne paraît jouer aucun rôle, ont été décrits par U Baillarger sous le nom à' hallucinatio7is psychiques. On trouve une description souvent très complète de co phénomène dans les écrits des auteurs mystiques; et dan. îa plupart des cas, c'est au sens de l'ouïe que s'adressent ces perceptions intimes : ce sont des discours penses par le malade. Toutefois, la vue et les autres sens peiwent y prendre part. Nous avons vu, dans le service de M. le doc