HALLUCINATIONS PSYCHIQUES
teiir Bouchereau, à Sainte-Anne, une jeune femme qui présente au degré le plus élevé cette disposition morbide, et qui exprime dans un lan^çage souvent très élevé les phénomènes qu'elle éprouve. Ainsi, pour le sens delà vue : «Les rayons de lumière, » dit-elle, « sont des paroles qui m'apportent des pensées. » Pour le sens de l'odorat : « Le parfum des violettes se glisse dans mon corsage et parvient à mon esprit. )) Ajoutons que cette malade, employée chez un pharmacien pour écrire les étiquettes des médicaments, a souvent commis des erreurs dues aux suggestions de ses voix intérieures : « Heureusement, » ajoute-t-elle, « que je n'ai envoyé personne dans le royaume des oublis. »
Il semble donc exister, dans ces manifestations morbides, autre chose qu'une perturbation purement psychique : on entrevoit confusément, dans ces faux pas de l'esprit, un élément purement sensoriel.
Nous n'insisterons pas davantage sur ces singuliers phénomènes. Nous croyons devoir les rattacher aux troubles de l'intelligence; ils semblent, en effet, constituer une transition entre les conceptions délirantes et les hallucinations proprement dites. Nous reviendrons sur ce sujet dans la leçon prochaine (1).
(i) M. le docteur Séglos, dans un mémoire présenté au Congrès international de médecine mentale (Paris 1889), émet l'opinion suivante :
i" Les hallucinations psychiques de M. Baillarger sont avant tout un trouble fonctionnel des centres moteurs de la fonction du langage ;
2» Elles tiennent tout à la fois de l'hallucination sensorielle et de l'impulsion, d'où le nom d'hallucination psycho-molrice proposée par l'auteur;
3° L'élément moteur qu'elles renferment en fait une cause puissante du dédoublement de la personnalité.