PUONOSTIC DU DÉLIRE DES PERSÉCUTIONS
pas jusque dans l'intérieur de ces établissements où ils tombent sous notre observation. Il nous reste maintenant à conclure.
Si j'ai réussi à vous faire partager mes convictions, si je vous ai démontré que le délire des persécutions n'est pas un fait accidentel, survenant à la suite de circonstances extérieures, mais un vice de conformation psychologique d'origine souvent héréditaire, vous comprendrez qu'il est difficile d'admettre la guérison de ces malades, et cependant la guérison a été quelquefois observée. Je n'oserais point partager à cet égard l'optimisme de M. Legranddu Saulle, qui pense qu'elle peut être obtenue dans un cinquième environ des cas, maisje dois vous faire observer que souvent cette forme de délire est symptomatique et que les malades ne sont pas alors de véritables persécutés. C'est ce qui se voit, par exemple, dans certains cas de délire alcoolique. Or, les troubles intellectuels causés par l'alcool sont essentiellement curables. Mais quand il s'agit réellement de la manie des persécutions, ce sont plutôt des rémissions que de véritables cures qu'il nous est possible d'obtenir.
Quoi qu'il en soit, quand l'amélioration se dessine, on voit le sujet se débarrasser peu à peu des idées qui l'obsédaient, regretter les propos inconsidérés qu'il a tenus et faire des excuses aux personnes qiLil a maltraitées. Mais, pour en arriver là, il faut qu'il ait échappé aux hallucinations qui impriment au délire un caractère de réalité vivante dont le malade subit toujours jusqu'à un certain point l'influence.
Le malade ne guérit point dans l'immense majorité des cas, et son état psychologique peut rester le même pendant de longues années, jusqu'au moment où quelque maladie intercurrente vient terminer son existence, à moins qu'il ne
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se décide à y couper court par le suicide. Quand il échappe à l'une et l'autre de ces terminaisons, le persécuté finit presque toujours par tomber dans la démence ; c'est en effet la conséquence naturelle de l'usure et de l'atrophie cérébrale qu'on observe presque toujours chez les vieux aliénés.