‹ Leçons sur les maladies mentales [electronic resource]Chapitre 180 sur 258 · DE LA FOLIE CHORÉIQLE · texte numérisé non relu

DE LA FOLIE CHORÉIQLE

Nous arrivons maintenant à la véritable folie choréiqiie, telle que nous l'observons quelquefois dans les cas de chorée très intense,

La folie clioréique peut se présenter sous trois formes principales.

La première est constituée par un délire incohérent avec excitation maniaque. Le malade s'abandonne à un mouvement perpétuel qui diffère psychologiquement de l'agitation de la manie en ce que les actes, ébauchés en quelque sorte, ne sont point accomplis ou du moins n'arrivent point à leur terminaison ; c'est un chaos d'impulsions contradictoires, sans but apparent, sans ordre et sans aucun plan.

Un trouble analogue s'observe dans les régions de l'intelligence ; il existe un chaos des idées, une incohérence absolue, accompagnée de mouvements involontaires et de coups portés au malade par lui-même. Ce délire s'accompagne de grimaces épouvantables, de contorsions et de paroles absolument dénuées de sens. On voit que le trouble intellectuel participe à la nature môme de la chorée. Ajoutons qu'il peut guérir comme elle et par les mêmes moyens. Aussi , d'après Marcé, le pronostic est-il relativement favorable.

En second lieu, il existe une manie choréique décrite par Marcé, Russel et L. Meyer. Ce trouble psychologique, d'après Marcé, débute par les hallucinations, qui presque toujours affectent la vue. Il se caractérise par une agitation extrême, accompagnée d'actes violents. Le sujet déchire ses vêtements, frappe les murs et pousse des cris aigus ; le pouls est accéléré, la langue est sèche, et le malade est dans un état typhoïde qui présente quelques analogies avec le délire aigu fébrile.

S36 UES KOLIES ISÉVROPATHIQUES.

Nous en citerons un exemple d'après L. Meyer (1). Une fille vigoureuse, de vingt-deux ans, domestique, couchait depuis quelque temps dans un logement humide. Un jour, sans autre prodrome, elle éprouve un violent mal de tête. Bientôt elle s'aperçoit que les mouvements de la main droite deviennent maladroits et peu sûrs. La chorée atteint les deux bras et tend à se généraliser. La malade est transportée à l'hôpital, oîi elle est mise en traitement pendant quinze jours, lorsqu'un délire violent, survenu brusquement , la fait transférer à l'asile des aliénés. Pendant quatre jours, elle reste en proie à une manie des plus violentes : elle crie, elle déchire ses vêtements, elle éprouve des terreurs paniques, enfin elle est tourmentée par des hallucinations de toutes sortes. Elle saute brusquement à bas de son lit, et veut enfoncer la porte de la salle, sous prétexte que sa mère l'appelle. Elle prétend que sa chemise la brûle, elle l'arrache et se met toute nue. De temps en temps, elle éprouve des accès de fureur, pendant lesquels elle fait les grimaces les plus épouvantables et se mord la face interne des joues et des lèvres.

Ces accidents ont pour cortège une fièvre intense, avec une insomnie absolue et une augmentation manifeste des mouvements choréiques, mais on ne constate aucun signe de rhumatisme.

La crise se produit au bout de quatre jours ; il se forme une parotidite avec abcès. Les accidents nerveux disparaissent alors comme par enchantement, et, parvenue à la guérison complète, la malade quitte l'asiledeux mois après son entrée.

Le cas que nous venons de rapporter peut être considéré comme un type de manie choréique. Cet état si grave se

(1) Westphal, Archiv. fur Neurologie, etc., t. Il, p. S37.

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