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ÉTIOLOGIE DE LA FOLIE PUERPÉRALE. S

tant pour mériter de la part des aliénistes une sérieuse attention.

Chez la même femme, le nombre des accouchements exeice-t-il une influence sur la folie? D'après Marcé, la prédisposition augmente avec le nombre des grossesses, tandis que les Allemands et les Anglais, au contraire, prétendent que les primipares sont plus souvent atteintes. Je crois qu'il est plus simple d'admettre qu'une femme qui, dans ses premières grossesses, a échappé à la maladie, a plus de chances d'immunité par la suite, et que la plus grave de toutes les prédispositions, ce sont les folies antérieures. Aussi, je vous le répète, dans l'intérêt de la mère, de la famille et de la postérité, devez-vous toujours conseiller à une femme qui a été folle à son premier enfant, d'éviter de devenir enceinte de nouveau.

Une cause que l'on ne doit pas oublier non plus, c'est l'aliénation mentale antérieure à l'accouchement. Bon nombre déjeunes filles ont été aliénées avant leur mariage à l'époque de la puberté ; celles-là sont éminemment exposées à tomber dans la folie puerpérale.

La suppression du lait et des lochies, autrefois considérée comme une des causes les plus efficaces des troubles intellectuels de la puerpéralité, est aujourd'hui regardée par la plupart des observateurs comme un symptôme et non comme une cause de la maladie. L'opinion des anciens me paraît cependant mériter encore quelque crédit, et s'il est rationnel d'admettre que l'excitation cérébrale fait taire les autres fonctions, il est très naturel, par contre, de penser que la brusque suppression d'une fonction très importante amène des troubles sympathiques qui retentissent immédiatement sur le fonctionnement de l'intelligence.

Viennent ensuite les difficultés de l'accouchement, un travail laborieux, des douleurs atroces, des liémorrhagies abondantes qui sont autant de causes de la folie puerpérale.

Je passe sous silence un grand nombre de points que le temps ne me permet pas d'aborder. Mais il me reste une dernière cause à vous signaler, et c'est de beaucoup la plus importante de toutes; je veux parler de l'hérédité. Il est bien certain que la fille d'une mère atteinte de folie puerpérale est exposée à devenir folle quand ce sera son tour d'être mère ; de même une femme qui possède dans sa famille des aliénés, des névropathes, des individus mal équilibrés au point de vue mental, a de grandes chances de perdre l'esprit à la suite d'un acccouchemeot.

11 résulte de ces considérations une règle de conduite qui s'impose au médecin, surtout à une époque où les avantages matériels font souvent oublier les principes qui doivent présider à la fondation d'une famille. En présence de ces tendances, il vous appartient de veiller aux véritables intérêts de la chose publique et d'interdire sévèrement le mariage aux filles qui ont, dans leurs antécédents, des taches soit personnelles, soit héréditaires, au point de vue mental. C'est un devoir souvent pénible à remplir, mais en l'accomplissant avec fermeté, vous aurez acquis des droits à la reconnaissance de la société.

YINGT-NEUVIÈME LEÇON

DE L'ENCÉPHALOPATHIE SATURNINE.

Sommaire. — Caractères communs à tous les délires toxiques. — Forme transitoire et forme permanente. — Poisons agréables et poisons industriels. — Empoisonnement saturnin. — Formes de l'encéphalopathie saturnine. — Manie saturnine. — Ses trois aspects. — Forme maniaque aiguii. — Mode de début. — Troubles intellectuels. — Hallucinations de la vue. — Amnésie. — Durée. — Terminaisons. — Démence d'emblée. — Pseudo-paralysie générale saturnine. — Symptômes. — Terminaisons. — Forme convulsive ou épileptique. — Forme comateuse. — Forme mixte. — Forme apoplectique. — Rapports de ces formes avec l'albuminurie saturnine. — Lésions anatomiques de l'encéphalopathie saturnine. — Physiologie pathologique. — Pronostic. — Traitement.

Messieurs,

Les folies toxiques sont, en pathologie mentale, une famille bien nettement définie. 11 existe, en effet, un grand nombre de poisons qui, portant leur action nocive directement sur les centres nerveux, déterminent une déviation permanente ou passagère des facultés intellectuelles ; et quelle que soit la différence que l'on observe dans leur mode d'action, il est impossible de méconnaître les analogies profondes qui réunissent en une seule et même famille pathologique toutes les maladies mentales qui reconnaissent pour origine l'action d'une substance toxique sur l'encéphale.

En effet, tous les poisons qui troublent les fonctions cérébrales, — l'alcool, l'opium, le mercure, le sulfure de carbone, le plomb, — pour ne citer que ceux-là, exercent en même temps une action spéciale sur d'autres organes de l'économie. L'empoisonnement par le plomb, si nous le prenons pour exemple, nous en offre les preuves les plus manifestes; non seulement il agit sur l'encéphale et sur les nerfs périphériques, mais il porte aussi son action sur les muscles, sur les os, sur les articulations, sur le cœur et les vaisseaux, sur le tube digestif, sur le foie, sur les poumons et sur les reins; le sang lui-même en offre les marques, et les dégradations morbides nées sous son influence peuvent, dans une certaine mesure, se transmettre par voie d'hérédité. On ne saurait marcher plus directement sur la trace des diathèses ni pour ainsi dire en emprunter plus complètement le masque.

C'est là un premier caractère qui relie entre elles toutes ces maladies artificielles engendrées par un agent toxique et qui simulent, pour ainsi dire, les diathèses. Mais ce qui nous touche pour ainsi dire de plus près, ce qui se rattache le plus directement à nos études psychologiques, c'est que les délires toxiques peuvent affecter deux formes essentiellement différentes : la forme transitoire et la forme permanente.

Souvent, sous l'influence d'un poison, le malade est pris d'un délire violent; c'est l'ivresse du plomb, de l'alcool, de l'opium. Mais, après cette première atteinte, l'orage se dissipe et les facultés reviennent à leur état normal. Supposons, au contraire, que l'action de la cause nuisible se prolonge pendant un temps assez long, et nous aurons alors des troubles permanents, signes d'une désorganisation cérébrale presque fatalement mortelle. L'encéphalo-

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