HISTORIQUE ET NATURE DE LA MALADIE
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Sommaire. Premières indications relatives à la paralysie générale. — Willis. — Perfect. — Haslam. — Esquirol. — Georget. — Délaye. — Calmeil. — Bayle, le principal créateur de la maladie. — Foville. — Parcliappe. — Requin. — Seconde période do l'évolution scientifique de la question. — J. Falret. — Lasègue. — Baillarger. — Période contemporaine.
Principales théories sur la nature de la maladie. — Doctrine de l'inflammation. — Doctrine de la congestion. — Théorie invoquant une maladie des ganglions cervicaux du grand sympathique. — Lésions de diverses parties de l'encéphale. — Altérations de la moelle épinière. — Théorie généralement admise aujourd'hui. — Le mot de paralysie générale désigne peut-être un genre composé de plusieurs espèces.
Messieurs,
Si vous parcourez avec nous les salles de réunion où se rassemblent nos malades, vous serez certainement frappés de voir que, sur quatre ou cinq d'entre eux, il existe au moins un paralytique général : cette proportion, vous la recontrerez dans tous les autres asiles de Paris.
Est-il possible qu'une affection aussi remarquable par sa fréquence insolite, ainsi que par son extrême gravité, ait échappé complètement à l'observation de nos devanciers? Si l'on ne savait avec quelle facilité les faits les plus palpables se dérobent à notre attention, faute de nous avoir été
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signalés, on croirait volontiers qu'au siècle précédent, la physionomie de l'aliénation mentale était tout autre, et que la paralysie générale, réduite à l'état d'exception, passait inaperçue au milieu des innombrables formes que peut revêtir le délire simple. Aussi bien, cette façon de voir n'a rien d'inadmissible. Il est évident, en effet, que certaines maladies changent de caractère avec les progrès de la civilisation ; on a vu apparaître, à diverses époques, des maladies nouvelles, et aujourd'hui encore il existe, dans la distribution géographique de la paralysie générale, des différences très grandes. Par exemple, en Irlande et en Suède, où la folie est cependant fréquente, la paralysie générale est presque inconnue. En France même, elle est infiniment plus commune à Paris que dans les asiles de province. Il est donc possible que cette maladie ait été moins fréquente dans les siècles qui nous ont précédés. La question posée en ces termes est insoluble pour toujours, le passé ne peut plus fournir aucun renseignement et nous ne pouvons nous en rapporter qu'aux faits acquis.
On attribue généralement à Willis (1672) dans un ouvrage sur l'Ame des bètes^ les premières indications (d'ailleurs bien vagues) sur cette affection. Mais vers la fin du siècle dernier, en Angleterre, l'un des pays oii la paralysie générale se présente le plus souvent, quelques médecins s'étaient préoccupés de l'état des fous paralytiques. C'est ainsi que Perfect, qui exerçait dans les dernières années du dix-huitième siècle, a publié, dans son recueil d'observations, quelques cas qui paraissent se rapporter à la paralysie générale. Après lui, Haslam, le vénérable apothicaire de l'asile de Bedlara, signale ce fait très important que, chez les fous paralytiques, on rencontre souvent du délire ambitieux ; mais ce n'est pas une raison