‹ Leçons sur les maladies mentales [electronic resource]Chapitre 238 sur 258 · TRAITEMENT MÉDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MÉDICAL

à la période de début, il sera difficile de les garantir contre leurs propres écarts, et l'on ne doit pas toujours s'attendre à trouver dans la famille et dans l'entourage un appui bien efficace à cet égard.

Traitement médical. — Comme nous l'avons déjà dit (p. 443), nous comprenons sous ce titre les moyens destinés à exercer une action physique sur le malade, et qui cependant ne rentrent pas dans la catégorie des médicaments.

Dans cet ordre d'idées, la première place appartient aux révulsifs. Le séton à la nuque préconisé par M. Baillarger ; la cautérisation ponctuée, à la région cervicale postérieure ; le même traitement appliqué le long de la colonne vertébrale, dans les cas oii les fonctions de la moelle épinière sont compromises; enfin, à un rang très inférieur, les vésicatoires, les applications irritantes sur le cuir chevelu (pommade stibiée), ont donné souvent de bons résultats ; et bien que jamais, à ma connaissance, une guérison n'ait été obtenue par de tels moyens, des améliorations, des rémissions soutenues et prolongées en ont été souvent lerésultat, surtoutdans les formes congestivesde la maladie.

Nous n'en dirons pas autant de l'hydrothérapie, qu'on prescrit d'une manière un peu banale dans toutes les maladies du système nerveux. Après en avoir fait consciencieusement l'essai, nous sommes fondé à dire que ses effets utiles sont absolument nuls, et qu'elle peut souvent avoir des conséquences nuisibles, en raison de la facilité avec laquelle les sujets paralytiques contractent des maladies des voies respiratoires.

Les eaux minérales, les bains de mer, qui sont souvent prescrits aux paralytiques dans les premières périodes de leur

affection, ont une influence incontestablement nuisible.

Quant aux bains ordinaires, si justement appréciés dans le traitement de la folie, ils sont ici d'une utilité pour le moins contestable.

Emissions sanguines. — La paralysie générale est, au moins dans la plupart de ses formes, une maladie éminemment cbngestive. On comprend donc, théoriquement du moins, l'utilité de la saignée, surtout au début. Nous sommes loin de contester les avantages de cette méthode, mais nous pensons qu'elle ne doit être appliquée qu'aux cas typiques, et avec la plus grande réserve. C'est surtout aux accidents congestifs, si fréquents dans la paralysie générale, que peuvent convenir les évacuations sanguines. Elles doivent être peu abondantes et souvent répétées. Comme jprocédé opératoire, nous préférons les applications de sangsues à la phlébotomie, recommandée par M. A. Voisin.

Electricité. — L'emploi de l'électricité a été conseillé par Hitzig, Arndt et Newth, On fait habituellement usage du courant galvanique et on agit sur la moelle épinière en plaçant le pôle négatif sur la nuque et le pôle positif sur l'une des extrémités.

Hitzig, qui dirige le courant plus spécialement sur la portion cervicale de l'axe spinal, prétend avoir considérablement amendé, par ce moyen, les troubles de la parole. D'autres observateurs (Mendel) ont été moins heureux. Je dois avouer que je n'ai jamais obtenu, chez aucun des sujets que j'ai traités, la moindre amélioration par l'emploi des courants galvaniques.

T?'aitement pharmaceutique . — Il n'existe évidemment aucun spécifique contre la paralysie générale; et nous

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sommes absolument opposés à l'emploi du traitement antisypliilitique qui a été indistinctement appliqué à tous les cas de paralysie générale, sous l'empire de certaines préoccupations théoriques.

Le mercure, en effet, nous paraît absolument contreindiqué chez ces malades. Mais, au contraire, l'iodure de potassium, quand il est bien supporté, donne souvent de bons résultats: son efficacité, bien entendu, ne dépend en rien de l'existence préalable d'une maladie syphilitique. Pour mieux faire tolérer ce médicament, nous ne dépassons jamais la dose de 1 gramme par jour, au maximum; nous le combinons volontiers aux bromures alcalins, surtout dans les cas où il existe une certaine agitation.

Les sédatifs, l'opium et ses dérivés, la vératrine, l'hyoscyamine et le chloral ont souvent joué un rôle important dans le traitement de la paralysie générale.

L'opium a presque entièrement cédé la place à la morphine, qui s'emploie le plus souvent sous la forme d'injections hypodermiques. Si ce moyen donne quelquefois de bons résultats chez les paralytiques agités, il ne saurait être recommandé comme remède habituel.

On associe quelquefois (Beigel et Clans) l'atropine à la morphine, pour combattre l'action nauséeuse du second de ces deux alcaloïdes.

Le chloral, à la dose de 2 à 6 grammes, est, souvent utile dans le cas d'agitation violente. Il est quelquefois administré en injections sous-cutanées, mais ce moyen de traitement est extrêmement douloureux et peut donner lieu à des ulcérations de la peau. Par contre, les lavements de chloral sont très bien supportés.

On sait que l'action hypnotique et sédative du chloral devient excessivement énergique, quand il est associé aux

injections hypodermiques de morphine. C'est seulement dans les cas d'agitation très intense que ce double traitement peut être employé.

C'est également chez les paralytiques agités que la digitale a été préconisée par Bigot et par Mickle.

Chez les sujets dont la maladie suit paisiblement son cours, on a recommandé la vératrine (Mickle), la fève de Calabar (Thompson, Browne) et l'ergotine (Mann, Toselli). L'efficacité de ces remèdes est au moins douteuse.

Chez les sujets anémiques ou débilités, les toniques amers, la gentiane et les ferrugineux sont nettement indiqués. D'après Mickle, le perchlorure de fer serait, chez les paralytiques généraux, la meilleure de toutes les préparations ferrugineuses.

Enfin, les évacuants sont très souvent indiqués dans le traitement de la paralysie générale.

Il faut absolument proscrire les doses élevées de tartre stibié, autrefois recommandées par certains auteurs. Mais, quand il existe un état saburral des premières voies, un vomitif administré par la bouche peut quelquefois faire cesser l'agitation et ramener le sommeil.

Chez les sujets indociles, une injection d'apomorphine peut remplir les mêmes indications.

Quant aux purgatifs, leur utilité est manifeste. Ils servent d'abord à combattre la constipation, car dans la paralysie générale il est d'une haute importance de maintenir la régularité des fonctions alvines; ils servent ensuite à entretenir une révulsion modérée du côté du tube intestinal, et à contrebalancer ainsi la tendance aux congestions qui se rencontre chez la plupart des paralytiques généraux.

Mais il ne faut point abuser des purgations, car la diar-

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