‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 10 sur 207 · D’OU PROVIENNENT-ELLES · texte numérisé non relu

D’OU PROVIENNENT-ELLES

Messieurs,

Le rôle des infiniment petits a été pressenti clans l’antiquité. On peut en effet citer quelques vers de Lucrèce ou quelques passages d’Aristote, indiquant comme dans une sorte de divination des êtres invisibles agissant dans les phénomènes de la vie, mais nul fait positif, mille donnée sérieuse; ce ne sont que de vagues, de très vagues hypothèses. Il faut arriver à une période beaucoup plus rapprochée de nous pour trouver une affirmation. Mais cette fois, l’affirmation est nette et péremptoire.

Le savant qui pour fa première fois a décrit quelques-uns des micro-organismes nous en a donné un tableau très exact. Il les a vus et observés maintes fois. C’est Leuwenhoek, naturaliste hollandais, qui le premier a vu les bactéries, et il a publié les résultats de ses recherches dans un ouvrage intitulé : Arcana naturœ détecta, paru à Delft, l’an 1695.

A cette époque-là, les moyens d’investigation et la technique étaient absolument rudimentaires; c’est en effet avec des lentilles simples que le savant hollandais réunit et agença entre elles au moyen de viroles d’argent, que les premières observations furent faites.

CABADÉ 2

HISTORIQUE

Et cependant, au moyen de cet instrument absolument primitif, pouvant à peine lui fournir un grossissement de 200 diamètres, vous allez voir la longue série de micro-organismes qu’il découvrit et dont il donna une description, du reste très exacte, quant à l’ensemble morphologique.

Leuwenhoek a décrit en effet les bactéries qui se rencontrent dans les poussières, dans les raclures, dans les mousses. Portant ses investigations sur les humeurs physiologiques, il aperçut les microbes de la salive, du tartre dentaire, du suc intestinal. Il a aussi, le premier, décrit les hématies ou globules rouges du sang. Notre savant eut l’idée d’appliquer ses découvertes à divers cas de pathologie et il affirme que, dans les cas de diarrhées, on trouvait une abondance beaucoup plus considérable de bactéries dans l’intestin qu’on n’en rencontrait à l’état de santé. Il insista sur les différences des formes que présentent les bactéries, les unes se montrant toujours sous forme de bâtonnets, les autres se montrant toujours spirillaires; enfin, il vit leurs mouvements. A coup sûr, il y a dans son œuvre de grandes imperfections, des constatations que n’ont pas vérifiées les recherches ultérieures, des enthousiasmes prématurés, notamment celui qui le portait à considérer le spermatozoïde, qu’il voyait pour la première fois, comme un humunculus. Cela n’empêche pas qu’on reste saisi d’admiration et de respect devant ce savant, passant sa vie à étudier les infiniment petits et cherchant, avec ses instruments rudimentaires, à surprendre dans le microcosme quelques-uns des éternels secrets de la nature.

Il faut franchir près d’un siècle pour trouver un autre chercheur qui ait voulu approfondir ces études si ingénieusement commencées. Bien que, en 1715, le microscope composé ait été inventé par Hertel de Ilassé,

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