‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 101 sur 207 · PLEURÉSIES · texte numérisé non relu

PLEURÉSIES

(lèse. Dans un grand nombre de cas, disent MM. Cornil et Babès, il est facile de comprendre, pour la pleurésie, que les microbes pénètrent par les vaisseaux lymphatiques du diaphragme. Ce sont les cas où la purulence succède à des gangrènes du poumon, aux broncho-pneumonies infectieuses, à la lymphangite septique. Mais quand aucune influence de voisinage ne saurait être invoquée, comment s'effectue la pénétration des micro-organismes? Ou est loin de pouvoir répondre encore à cette question ; cependant Frànckel a communiqué, en juin 1887, une série de faits qui sembleraient démontrer que les pleurésies dites purulentes d’emblée seraient dues à l’introduction du staphylococcus pyogenes aurais, qui existerait dans 'des abcès de volume variable et dont le point d’implantation serait la loge amvgdalienne. Plusieurs observations publiées en Allemagne semblent corroborer cette manière de voir. Dans ce cas, le transfert des microbes s’effectuerait encore par la voie lymphatique.

C’est également par la voie lymphatique, et les connexions anatomiques en sont, vous le savez, surabondamment démontrées, que se propagent les microbes qui proviennent de l’appareil utéro-ovarien, et qui sont transportés vers la plèvre, pour y donner naissance à ces pleurésies purulentes qui apparaissent si fréquemment, comme complication des suites de couches. La pénétration des agents infectieux dans la cavité du péricarde est loin d’être aussi facile à expliquer; il faut admettre, ou bien que ces microbes sont abondamment répandus dans la masse sanguine, que là ils s’accolent aux leucocytes et que ceux-ci les transportent à un moment donné jusque dans la pocbe séreuse, hypothèse que jusqu’ici aucun fait n'a encore démontrée; ou bien que, apportés dans le cœur, ils en traversent les parois à un point où leur minceur rend plus facile cette

SYSTEMES CIRCULATOIRE ET RESPIRATOIRE

pénétration et qu’ainsi ils arrivent sous le feuillet viscéral du péricarde, où assez énergiquement ils prolifèrent pour arriver à se faire jour dans la cavité. Nous nous sommes déjà trouvés en face des mêmes difficultés d’interprétation, lorsque nous avons étudié les phénomènes de la suppuration, et que nous avons essayé de fournir l'explication du transfert du micro- organisme, dans les points situés dans les profondeurs de l’organisme. Vous vous souvenez que nous vous avons dit que le plus probable était que ces micro-organismes, ingérés par nous avec les eaux potables, où ils ne sont pas rares, arrivaient par la voie sanguine à des contacts divers, et que, dès qu’un milieu pathologique leur offrait des conditions favorables à leur développement, ils ne tardaient pas à s’y multiplier. Telle est l’hypothèse qui nous paraît encore la plus plausible.

Ce que nous venons de A’ous indiquer s’applique aussi bien aux processus pathologiques dont le péricarde est le théâtre, qu’à ceux qui évoluent sur la plèvre. Comme cette séreuse, l’enveloppe cardiaque peut être atteinte par la plupart des maladies infectieuses, soit par le moyen du système lymphatique, soit par la transformation de sa substance en un milieu favorable à l’éclosion des germes. Toutes les maladies infectieuses peuvent donc agir sur lui, depuis les fièvres éruptives jusqu'aux suppurations, et cela d’après le mécanisme et par le mode adopté par elles pour leur généralisation. De plus, je vous ai signalé ces invasions qui s’effectuent d’abord sur l’endocarde, passant de l’intérieur du cœur à sa surface libre, par un des mécanismes que je vous ai indiqués.

Donc, pour le péricarde comme pour l’endocarde, comme pour la plèvre, le nom de maladies secondaires doit être compris en ce sens, qu’il s’agit toujours d'une invasion bactérienne, qui normalement envoie de déve-

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