CORYZAS
loppementet de prolifération sur la partie où elle a coutume de s’implanter tout d’abord, se trouve transportée sur l’une de ces séreuses et s’y multiplie en donnant naissance à tous les troubles d’ordre mécanique ou d’ordre vital que chacune de ces espèces a le pouvoir d’engendrer. Ainsi prend corps l’antique hypothèse des maladies transportées, métastasées, répercutées, faits cliniques dont la filiation n’avait pas échappé à la sagacité des premiers observateurs ; seulement nous sommes édifiés aujourd’hui sur ce qu’il faut entendre par les mots de diathèse, matière morbifique, ou autres dénominations qui démontrent bien, cependant, à quel point les anciens avaient suppléé à l’exacte notion des choses par une véritable intuition.
Le coryza ne constitue que très rarement une maladie microbienne bien déterminée, non qu’il soit rare de trouver des bactéries dans les fosses nasales ; rien de plus fréquent, au contraire, que d’en rencontrer dans leur intérieur, soit accolées au mucus qui les tapisse, soit emprisonnées par la dessiccation de ce mucus. Dans quelques cas, on rencontre des altérations sur la muqueuse de Schneider, avec une suppuration occasionnée par l’un des microbes pyogènes, qui se comporte là comme ailleurs. Dans beaucoup d’autres cas, on y rencontre aussi les micro-organismes d’une maladie, dont une expression peut se produire en cet endroit ; c’est le cas de la rougeole, c’est aussi le cas de la syphilis ou de la diphtérie. Comme nous le verrons bientôt, dans aucun de ces cas, les bactéries ne semblent tirer du point de leur implantation des propriétés autres que celles qu’elles manifestent partout, de telle sorte que s’il existe un grand nombre de coryzas bactériens, il n’y a pas un coryza uniquement constitué par l’apparition de microbes résidant uniquement sur la muqueuse des fosses nasales.
SYSTEMES CIRCULATOIRE ET RESPIRATOIRE
11 est cependant certaines conditions spéciales réalisées par la conformation osseuse ou par la disposition de la muqueuse, qui, chez quelques malheureux individus, donnent lieu à un ensemble qui favorise singulièrement la reproduction d’un ordre de microbes dont nous avons déjà prononcé le nom, le micrococcus fætidus de Rosenbach, ou le bacillus pyogenes fætidus, ou encore une des espèces saprog'ènes signalées par cet auteur. Ce n’est pas uniquement là qu’on les rencontre, et c’est dans les dents cariées que Rosenbach les a vus pour la première fois, mais on les a observés sur les ulcérations de l’ozène, et ce sont eux qui donnent, aux malades qui en sont atteints, une haleine si odieusement repoussante. Ces microbes, dont les cultures exhalent une si mauvaise odeur, sont des anaérobies, et par conséquent, ils ne sauraient vivre qu’en décomposant le milieu sur lequel ils sont implantés, en y produisant une sorte de putréfaction ; de plus, et précisément du fait de cette décomposition, ils accentuent la lésion initiale et créent un très sérieux obstacle à sa réparation qui, pour s’ellectuer, exige, ou bien la destruction absolue des micro-organismes, ce qui est difficile à cause des nombreux replis de la muqueuse, ou une plus grande intensité vitale des éléments anatomiques dont le développement arrête la prolifération de ces microbes fétides.
11 est une maladie, assez rareen France, mais fréquente en Angleterre, qui est une variété d’asthme dont elle va quelquefois jusqu’à imiter les accès spasmodiques, c'est la fièvre des foins, hay fcver des Anglais. Cette maladie se caractérise d’abord par un coryza assez intense, de la fièvre, puis une sorte de bronchite particulière accompagnée d’accès d’asthme revenant avec une certaine périodicité. Le coryza du début est intense, et dans la grande majorité des cas, c’est lui qui ouvre la scène. D’après les auteurs anglais, cette maladie serait d’origine micro-