‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 103 sur 207 · FIÈVRE DES FOINS · texte numérisé non relu

FIÈVRE DES FOINS

bienne; elle serait due à l’implantation sur la muqueuse olfactive d’un bacille qui, par sa conformation, rappellerait le bacillus mbtilis. L’implantation primitive de ce microbe aurait lieu d’abord sur la muqueuse olfactive, d’où progressivement il s’étendrait jusqu’à venir dans l'arrière-gorge, et finalement dans l’arbre aérien, pénétrant dans les ramifications ultimes des bronches. Ce serait à la présence de ce bacille qu’il faudrait rapporter les accidents pathologiques, et à son mode de propagationque serait due leur successive apparition. Ce microbe présente cette singulière propriété qu’il n’existe à l’état de liberté, dans l’atmosphère, que pendant la saison chaude et dans les premiers jours de celle-ci. Déplus, certaines odeurs, celle du foin à demi sec notamment, ont le don d’exaspérer les symptômes, comme j'ai eu occasion de le constater chez le seul malade que j’ai vu atteint de cette singulière affection. C’est probablement de ce fait que vient le nom qui lui a été donné. Faut-il définitivement accepter ces faits et ranger la maladie dans laliste désaffections bactériennes? Ce serait encore, je pense, un peu prématuré ; cependant, il esL impossible de ne pas être frappé de ce fait, qu’on n’a obtenu des résultats thérapeutiques vraiment sérieux qu’aprôs avoir, en Angleterre, adopté cette origine, etaprès avoir appliqué au début du mal les médications antiseptiques qui ont donné des résultats vraiment surprenants, là où échouaient les médications antispasmodiques les plus variées, comme du reste toutes les autres. Actuellement, des irrigations dans les fosses nasales, pratiquées avec une solution de quinine, d’acide phénique ou de sublimé, guérissent parfaitement les malades.

Les deux maladies dont j’ai encore à vous entretenir sont de celles dont la nature bactérienne est indiscutable, mais dont le microbe spécifique n’a pas été

SYSTÈMES CIRCULATOIRE ET RESPIRATOIRE

démontré. La coqueluche et la grippe se comportent en effet, dans leur apparition et dans leur mode de propagation, comme les maladies microbiennes les plus indiscutables. Mêmes épidémies, même facilité de contagion, mêmes complications broncho-pneumoniques; enfin, il semble hors de doute que ces deux états doivent prendre place parmi les affections parasitaires les plus nettes. 11 reste seulement à démontrer le parasite, à le cultiver et à faire l’étude de ses propriétés. C’est là le point important sans lequel la maladie ne peut être classée avec certitude, quelles que soient les présomptions de tout ordre, qui concourent à nous les faire envisager comme étant de nature bactérienne. Pour la coqueluche, ce ne sont pas les microbes qui manquent, il y en aurait peut-être trop, car plusieurs auteurs ont tour à tour désigné certains microbes comme élan! la cause de la maladie. Malheureusement, les expériences suivies et absolument démonstratives font défaut. Je dois donc me borner, connue toujours en pareil cas, à vous indiquer quel est actuellement l’état de la question.

En 18G7, M. Paulet annonça qu’il était parvenu, en condensant la vapeur provenant de l'expiration des malades atteints de coqueluche, à y rencontrer constamment des bactéries spéciales, et il communiqua le fait à l'Académie des sciences. Plus tard, en 1873, Letzerich entreprit d’autres études, qui furent publiées et analysées dans la Revue des sciences médicales du professeur Hayem. Il affirmait avoir toujours rencontré, dans les crachats des coquelueheux, des flocons qui n’étaient autre chose qu'un amas de micrococcus, offrant avecceux de la diphtérie de très nombreux points de ressemblance. Après avoir signalé quelques détails de morphologie qui, selon lui, suffisaient à différencier les deux espèces, il trouvait une dernière preuve de leur non-identité dans ce fait, que tandis que le micrococcus de la diphtérie s'implante

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