COQUELUCHE
dans les tissus et gagne môme la membrane basale de l’épithélium, celui delà coqueluche ne s’implante seulement pas dans l’épaisseur des cellules épithéliales de revêtement. D’après sa morphologie, Letzerich le classait dans le genre des ustilaginées de la classification de Tulasne. Quel que soit leur mode d’implantation, ces champignons, d’après Letzerich, ne peuvent jamais pénétrer dans l’épithélium; ils vivent tout simplement à la superficie de la muqueuse, à l’aide des matériaux qu’ils trouvent dans le mucus. D’après le même auteur, ces microbes s’organiseraient assez souvent en filament et présenteraient des spores irrégulièrement elliptiques qui, dans les premiers stades de la maladie, sont à peu près les seuls organismes que l’on rencontre. Ces spores, transportées dans la trachée de lapins trachéotomisés, n’auraient pas tardé à se développer et à donner naissance à des champignons adultes très nettement caractérisés. Puis, ayant sacritié les animaux sur la trachée desquels les spores avaient été ainsi déposées, le même auteur a suivi ainsi la formation parasitaire dans le mucus bronchique, retrouvant, jusque dans les alvéoles pulmonaires, des microbes en tout semblables, et à des degrés divers de développement ou de sporulation. Toutefois, au contact de l’épithélium alvéolaire, ce microorganisme en détermine rapidement la desquamation et la chute dans l'intérieur de la cavité. Letzerich a cultivé ce microbe sur de l’eau sucrée ou sur une solution d’amidon lacté, il a vu alors se former un mycélium dans lequel il a constaté, dit-il, des spores que facilement il amenait à maturité. Chez les microbes adultes, la sporulation s’effectuerait de la façon suivante : une granulation, d’abord toute petite, apparaît dans la sphéro-bactérie, bientôt une seconde, une troisième et ainsi de suite, jusqu’à ce que le microcoque en soit absolument rempli. La membrane enveloppante se
SYSTÈMES CIRCULATOIRE ET RESPIRATOIRE
distend tout d’abord, mais au bout de peu de temps elle éclate et les spores se trouvent en liberté. Au contact de l’iode, ajoute cet auteur, toutes ses préparations prenaient une coloration uniformément bleue.
Telles sont les recherches de Letzericb, elles ont été accueillies par le public médical avec une extrême faveur; on a trouvé là une juste raison, une explication plausible des phénomènes de contagion et surtout de la production des broncho-pneumonies, dont l’explication devenait si difficile, pour ne pas dire impossible, en admettant l'origine spasmodique de la maladie. On sentait bien que là était la vérité. En effet, les phénomènes morbides ne peuvent recevoir d’explication satisfaisante, en dehors de la nature parasitaire de la maladie, et il faut échafauder hypothèses sur hypothèses, pour expliquer les faits de contagion et surtout le fait de l’immunité relative que confère, dans la grande majorité des cas, une première atteinte delà maladie. Il est donc hors de doute que la coqueluche ne soit une maladie parasitaire déterminée par un micro-organisme. Du reste, des recherches ultérieures ont été faites par Tschamer (de Graetz) et elles démontrent le pouvoir que possèdent certains micro-organismes, dans la production des divers phénomènes absolument analogues à ceux qui caractérisent la coqueluche. Ces recherches, si elles ne sont pas démonstratives au point de vue de la découverte du microbe pathogène, sont du moins la démonstration éclatante de ce que peuvent certains champignons développés à la surface de la muqueuse respiratoire. Tschamer, reprenant les recherches de Letzerich, et ayant, comme lui, vu le microbe qui était assemblé en zooglées dans les crachats, fut frappé de l'analogie qui existe entre ce microbe et le petit champignon noirâtre que l’on voit se développer sur la peau de toutes les oranges. Dos études comparatives ne lui