‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 105 sur 207 · COQUELUCHE · texte numérisé non relu

COQUELUCHE

laissèrent, dit-il, aucun doute sur l’identité absolue qui existait entre ces deux champignons. Il prit alors une quantité considérable de ces champignons noirs, recueillis sur des oranges, et les mélangeant à l’air, il se mita respirer lui-même, pendant un temps assez long, cet air ainsi chargé de ces micro-organismes. Il affirme que, pendant tout le temps que dura l’expérience, il ne ressentit aucunement le besoin de tousser. Mais, huit jours après, il fut pris d’une toux convulsive absolument identique à celle de la coqueluche, procédant par quintes et s’accompagnant du rejet de mucosités abondantes, dans lesquelles il retrouva le champignon noir très caractéristique. De cela, il conclut que les champignons, en se reproduisant au bout de six à huit jours, déterminent une toux convulsive analogue de tous points à celle de la coqueluche. Je le répète, cette expérience ne démontre absolument rien sur la nature du microbe producteur de la coqueluche, mais elle est absolument démonstrative au point de vue de l’action que peut avoir un micro-organisme sur la production d’accidents semblables à ceux qui constituent la maladie.

Les expériences de Tschamer datent de 1876, et depuis cette époque on avait vainement attendu que de nouveaux travaux viennent confirmer ou infirmer ses recherches ou celles de son prédécesseur Lelzerich. C’est de Russie que nous sont venues lesnouvelles découvertes, et elles ont été publiées en 1877 par un savant de premier ordre, dont nous aurons souvent à vous citer les travaux, M. AffanasiefT.

Dans dix cas de coqueluche attentivement examinés par lui, M. AffanasiefT a trouvé non plus un microcoque, mais un microbe bacille sous forme de bâtonnet très mince, mesurant jusqu’à 2 de longueur et quelquefois davantage ; ce bacille était très abondant dans les mucosités expectorées, et chose curieuse, le savant

SYSTEMES CIRCULATOIRE ET RESPIRATOIRE

moscovite a soigneusement noté, comme Letzerich, que le parasite n’affecte jamais le moindre rapport avec les éléments épithéliaux dont il s’est toujours montré indépendant. Il vit uniquement dans l’intérieur des crachats où il semble trouver des conditions nutritives suffisantes. Ce parasite a parfaitement été cultivé par M. Affanasieff, et voici ce qu’il a constaté. D’abord, c’est une aérobie vraie; en second lieu, bien cultivé il donne naissance à des éléments dont la mobilité est extrême et qui se déplacent par des mouvements ondulatoires très vifs. Les spores n’apparaissent dans l’intérieur des bâtonnets que lorsque la colonie semble péricliter, lorsque elle a consommé la majeure partie des éléments du milieu, sur lequel on la fait pulluler.

Le bacille se développe également bien sur les milieux solides eL sur les milieux demi-solides, sur pomme de terre, sur gélatine ou sur la gélose. Sur pomme de terre, les cultures donnent lieu à une sorte de membrane épaisse et tomenteuse d’aspect jaune sale, passant progressivement au brun et envahissant promptement toute la surface de section. Du reste, lorsque la culture est faite sur plaques de gélatine ou d’agar-agar, les colonies forment tout d’abord une tache semblable, et la gélatine n’en est pas liquéfiée. La culture en stries n’a montré rien de bien caractéristique, si ce n’est que les colonies restent à la surface sans s’étendre dans les profondeurs du milieu, ce qui est le fait de l’aérobisme vrai du microbe.

Ainsi produites, ces cultures ont été expérimentées sur les animaux, et M. Affanasieff a très judicieusement choisi de jeunes animaux, chiens ou chats, pour injecter dans leur trachée des liquides contenant en suspension le produit de scs cultures. Les résultats obtenus par lui peuvent se diviser en deux catégories; dans la première, les jeunes animaux périssaient et on constatait que la

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