GRIPPE
raorL était duo à une broncho-pneumonie bien caractérisée, dans les nodules péribronchiques de laquelle on retrouvait les bacilles identiques à ceux qui avaient été injectés. Dans la seconde catégorie, la plus nombreuse, les jeunes animaux ne tardaient pas à présenter des accès de toux convulsive, avec un sifflement laryngo-trachéal, absolument identique à celui qui caractérise la coqueluche.
Tels sont les faits que je devais vous faire connaître relativement à l’origine parasitaire de la coqueluche; ils ne devront être considérés comme absolument probants, que si les résultats obtenus par M. Aflanasieff sont confirmés par des recherches ultérieures. Toutefois, tels qu’ils sont, ils ne laissent pas que d’être assez démonstratifs, surtout quand on est bien pénétré de cette idée que j’ai tâché de faire ressortir, c’est que, dans la coqueluche, tout indique une maladie bactérienne. Dans tous les cas, la lumière est en partie faite, divers micro- organismes ont successivement été signalés comme cause de la coqueluche; il n’en est pas ainsi pour la grippe qu’il nous reste à étudier.
Comme je vous le disais en commençant cotte étude, la grippe possède tous les apanages des maladies bactériennes : épidémicité, contagion et pouvoir de se transporter sur un autre organe, en y occasionnant des lésions secondaires sur la nature desquelles nous avons d éjà eu occasion de nous expliquer. Comme pour toutes les maladies dont la nature a longtemps été enveloppée d’obscurité, on a fait jouer un rôle aux circonstances atmosphériques les plus diverses et les plus étranges, pour expliquer la production de la maladie. Les gelées, les brouillards, les dégels, les vents soufflant dans telle ou telle direction, ont tour à tour été incriminés. Mais non seulement les mêmes conditions atmosphériques se
SYSTEMES CIRCULATOIRE ET RESPIRATOIRE
réalisaient identiquement semblables, sans qu'une nouvelle épidémie éclatât, mais encore, le plus souvent, la maladie se montrait avec un état climatérique tout à fait différent. C’est qu’en effet les épidémies se sont succédé nombreuses et dans les conditions les plus variées. L’une d’elles, et non la moins redoutable, a éclaté à Toulouse en 1874 ; elle fut fertile en complications pneumoniques. Le regretté professeur Bonnemaison, qui en a publié la relation, faisait remarquer, avec son grand sens clinique, le caractère septicémique de cette épidémie, et notez bien, messieurs, que dans son esprit ce mot exprimait 1 idée d’un contage spécial, d’une nature particulière; c'était unè sorte de pressentiment de la nature microbienne de la grippe.
Bans la grande majorité des cas, le point le premier envahi est la partie supérieure de l’appareil respiratoire : fosses nasales, pharynx et trachée; d'où cet aspect typique des individus grippés. Quand le cas doit être léger, c’est seulement sur ces points que le développement des micro-organismes a lieu et c’est là qu'ils restent cantonnés. Dans les cas graves, ils pénètrent plus ou moins promptement, quelquefois d’emblée, jusqu’au tissu pulmonaire et ne tardent pas à y provoquer des lésions considérables, souvent mortelles. Tous les anatomo-pathologistes sont parfaitement d’accord sur ce point, les lésions de la laryngo-bronchile a frirjorc diffèrent essentiellement des lésions de la grippe. Différents aussi sont les symptômes, et en particulier l'expectoration, ce qui prouve bien qu'il y a là un autre facteur que l'élément inflammatoire ordinaire. Dans cet ordre d'idées, il serait facile de démontrer combien la pneumonie ordinaire et simple, produite par la multiplication du pneumocoque, comme nous le verrons bientôt, diffère notablement de la pneumonie grippale, et comme anatomique pathologique et comme symptomatologie, et