‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 107 sur 207 · GRIPPE · texte numérisé non relu

GRIPPE

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nous pourrions 1res logiquement en tirer ces deux conclusions : la première, que puisqu’il est hors de doute que la pneumonie ordinaire est l’œuvre d’un microbe, il est bien sûr que la pneumonie grippale reconnaît la même cause productrice ; la seconde, c’est que si le pneumocoque produit un ordre de lésions nettement déterminées qui 11e se rencontrent pas dans la pneumonie grippale, il faut que l’agent producteur ne soit plus le même.

Du reste, il est tout à fait vraisemblable que, dans la grippe, les micro-organismes pathogènes agissent non seulement en prenant pour milieu des portions variées de l’arbre respiratoire ou d’autres organes, mais encore par les ptomaïnes qu’ils sécrètent ; c’est ainsi qu’on expliquerait ce sentiment de malaise indéfinissable, de prostration extrême que l’on observe dans certains cas, cette adynamie profonde, cette sorte d’empoisonnement de tout l’organisme par une substance non encore définie, mais à coup sûr analogue au poison typhique. Nous savons, en effet, que dans des cas très nombreux, des grippes au début ont été prises pour des fièvres typhoïdes et que l’erreur se commet souvent, tant est grande la similitude de ces ces deux états. G’estqu’en effet certaines épidémies se sont montrées avec des formes très tranchées de processus toxique, allant parfois jusqu’à l’ataxie et aux désordres nerveux les plus accentuées, ce qui a fait admettre une variété de grippe ataxique.

Au moment où les désordres éclatent, il paraît indiscutable que les micro-organismes ont envahi le liquide sanguin, ce qui est évident, non seulement parles effets des poisons qu’ils déversent, mais encore par l’aspect de ce liquide. En effet, à l’époque où la doctrine broussaisienne régnait sans conteste dans la thérapeutique, on faisait dans la grippe un singulier abus de la saignée. Or vous savez combien, sous l’influence de ces idées, on apportait de soins à décrire le sang sorti de la veine; eh

SYSTEMES CIRCULATOIRE ET RESPIRATOIRE

bien! en relisant les observations de cette époque, on est frappé de voir qu’une saignée pratiquée au début de la grippe donnait un caillot tout à fait normal, le point où se trouvait alors les bactéries étant parfaitement localisé. Mais plus tard, ou dans les cas graves caractérisés par des symptômes de dépression, de brisement, etc., tous les auteurs sont unanimes à signaler le caillot comme très diflluent, très incomplet en fait de cohérence, et dans plusieurs cas formant une sorte de magma noirAre. Sans aucun doute, il y avait là une altération du sang et nous savons à quelle cause nous devons la rattacher. Telles sont les réflexions que je tenais à vous présenter à propos de la grippe; vous voyez qu’il y a de très grandes présomptions pour nous faire croire à son origine bactérienue. Mais la démonstration absolue n'est pas faite, le microbe n’est pas démontré, espérons qu'il le sera bientôt.

N. li. Ces leçons élaient sous presse lorsqu’à éclaté l'épidémie si remarquable et si extraordinaire qui n’est pas encore complètement éteinte. Je n’ai pas retouché à la leçon datant du mois de mai 1889. Cependant je dois signaler que devant la marche de cette épidémie, devant sa prodigieuse extension en un laps de temps si court, il n'est pas un médecin qui n’ait reconnu sou origine microbienne. Le fait paraît maintenant indéniable. Seulement où est le microbe ? Quel est-il ? d'où nous vient-il '? et comment a-t-il pu frapper ainsi plus du cinquième de la population du globe, se répandant avec une telle rapidité?

Autant de questions qui fort probablement resteront quelque temps encore sans qu’on puisse fournir une réponse plausible. Il est cependant fort probable que l’épidémie actuelle reconnaît, pour agent morbide, un microbe que chacun de nous porte en lui-même, et qui est devenu pathogène sous l’empire d’un ensemble de circonstances climatériques ou autres, complètement inconnues du reste. C'est dans la masse du sang que fort probablement évolue le microbe. Une lésion antérieure d'un organe, une fatigue, un surmenage général ou partiel, une simple congestion accidentelle en tel ou tel endroit créant pour lui un terrain beaucoup plus favorable, ayant pour conséquence une implantation beaucoup plus tenace du micro-organisme sur le point ainsi modifié. Je n’ai pas besoin d’insister sur les conséquences que peut avoir celte multiplication bactérienne s'effectuant dans le réseau capillaire de nos divers systèmes anatomiques.

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