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RÉSISTANCE DU BACILLE

Les expériences de Lôffler, celles de MM. Roux et Yersin, onl démontré la puissante vitalité dont jouissent non seulement les spores du bacille diphtéritique, mais encoi’e le micro-organisme lui-même. Facilité de reproduction, durée de la conservation, résistance aux divers agents de destruction, ce microbe a tout cela à un haut degré, et ses spores à une puissance encore plus grande. M. Jules Simon a cité des faits dans lesquels il est impossible de méconnaître la vérité pratique de ce que nous venons de vous dire. Des familles dans lesquelles la diphtérie se montre à intervalles plus ou moins réguliers, et qui disparaît quand cette famille abandonne l’appartement ainsi contaminé. D’autres appartements dans lesquels un malade succombe à la diphtérie, qui restent absolument clos et inhabités pendant un an et qui, au bout de ce temps, donnent la diphtérie à de nouveaux locataires. Quant aux cas dans lesquels une diphtérie légère et extraordinairement bénigne a communiqué, soit sur le même malade, soit sur un autre, des maladies promptement mortelles, de même que les cas dans lesquels des dépôts pseudomembraneux ne présentant pas l’aspect diphtéritique, mais renfermant quelques bacilles, ont finalement entraîné la mort, ces cas-là ne se comptent, plus.

Lorsqu’il n’existe sur la muqueuse, ni ulcération ni inflammation primitive, nous savons quel est le rôle que joue le micrococcus, il la dispose en faisant naître sur elle un état local comparable à l’érysipèle, mais qui n’est pas réellement l’érysipèle, puisque cette lésion produite sur la peau n’est pas une cause suffisante à l’apparition de plaques diphtéritiques, et qu'il faut aller jusqu’à la chute de l’épiderme pour que les fausses membranes se montrent. Quoi qu’il en soit, la lésion produite par le micrococcus qui nous occupe est un terrain éminemment favorable à la culture du bacille

CROUP ET DIPHTERIE

diphtéritique. Le mouvement pathologique que détermine ce micrococcus peut ne pas s’arrêter à la production d’un érythème superficiel, l’arborisation vasculaire peut être intense, des ruptures de vaisseaux et de petites hémorragies peuvent en être la conséquence et le sang venir ainsi modifier, dans le sens que vous savez, l’aspect des plaques diphléritiques. Dans d’autres circonstances, le micrococcus gagne les parties sous-muqueuses, et s’y développe avec assez d’énergie et d’intensité pour y déterminer un processus gangreneux. Complication toujours redoutable, non seulement au point de vue de sa signification comme résistance du sujet, mais encore en ce que le travail de mortification déterminera des pertes de substance, des solutions de continuité, qui seront autant de points où s’implantera le bacille, et qui lui serviront de point de départ pour une progression nouvelle. L'état de la partie de la muqueuse qui sert de base à la fausse membrane mérite de fixer toute l’attention. C’est par elle, en effet, que se produit l’infection générale, soit par transfert des microbes, soit par la résorption des ptomaïnes. Nul doute qu’une surface ulcérée, à vaisseaux capillaires et lymphatiques largement ouverts, ne présente des qualités absorbantes bien manifestes, et ne soit une condition des plus favorables à la prompte généralisation de la diphtérie.

Les pertes de substances et les solutions de continuité sont, en effet, la porte d’entrée la plus favorable au microbe et à sa pullulation quand il existe déjà dans l’organisme. Vous savez tous avec quel soin jaloux il faut se garder défaire des ulcérations ou des excoriations aux personnes atteintes de diphtérie et vous n’ignorez pas, à ce point de vue, les effets désastreux qui résultent de l’application des vésicatoires dans le décours de la maladie. Vous savez aussi que c’est par des plaies que

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