FORMES DE I.A MALADIE
beaucoup d’observateurs ou d’anatomo-pathologistes se sont inoculés le bacille dipbtéritique, je n’ai donc pas besoin d’insister sur les conséquences qui en découlent.
Nous avons vu qu’un des effets à peu près constants de l’implantation du bacille dipbtéritique sur un point de la muqueuse était l'apparition d’une production pseudo-membraneuse. Je ne vous ai parlé de cette néoformation qu’au point de vue de l’étude des micro-organismes principaux, les seuls qui soient, à des degrés divers, diphtérigènes. Vousavez appris en anatomie pathologique proprement dite ce qu’est, une fausse membrane au point de vue anatomique et physico-chimique, je n’ai donc pas à y revenir. D’un autre côté, la clinique nous apprend qu’une des manifestations favorites de la diphtérie est l’envahissement de la muqueuse laryngienne. La diphtérie aime le larynx, disait Trousseau dans son langage pittoresque. C’est la production de ces plaques en cet endroit qui constitue le croup. Or, dans cette maladie, on est frappé de voir se succéder, à des intervalles plus ou moins éloignés, de véritables accès de suffocation qui donnent à la maladie un cachet si tragique. Dans ces cas, la fausse membrane diphtéritique n’agit que comme corps étranger et uniquement par les réflexes qu’elle occasionne et qui ont l’occlusion spasmodique de la glotte comme conséquence. La plaque dipbtéritique n’agit pas autrement que n’agissent les corps étrangers du larynx, la goutte d’eau qui, dans une déglutition vicieuse, vient à toucher les cordes vocales.
Indépendamment d’une virulence plus ou moins grande du microbe, virulence qui peul varier d’une épi démie à l’autre, régie dans tous les cas par un ensemble de conditions qui sont bien loin d’être connues, variations qui probablement créent les formes bénignes ou toxiques à des degrés divers. 11 est aussi incontestable cabadé 24
CROUP ET DIPHTÉRIE
que les symptômes delà diphtérie varient suivant le lieu où s’implante le microbe, où il prolifère, où il produit la fausse membrane qu’il a coutume de produire. Aussi voit-on ces symptômes varier, depuis l'expression des formes légères ou chroniques aux formes malignes et hypertoxiques, tuant avec rapidité non seulement par leurs ptomaïnes, mais encore par le point où. ayant pris implantation, elles arrivent à troubler une fonction importante. Tels sont les cas d’endocardites infectieuses consécutives à la diphtérie et dans lesquelles le bacille de Lôftler a été retrouvé. Dans ces cas, et en outre des ptomaïnes mises à chaque instant au contact du liquide sanguin, le fait du trouble apporté au jeu valvulaire contribue dans une notable proportion à la terminaison fatale. Il en est de même, je n’ai pas besoin de le dire, de l’implantation dans le rein du bacille diphtéritique. On sait du reste que, dans les cas d’intensité notable, il a coutume d’y pénétrer et d’y déterminer des désordres dont l’albuminurie est la première expression et qui, dans quelques cas, peuvent aller jusqu'à rendre insuffisante la sécrétion urinaire entraînant alors tous les accidents urémiques, qui ne sont autre chose que le résultat de l’empoisonnement du sang par les leucomaïnes, qui ne sont plus expulsées.
Je vous ai dit, en traitant des broncho-pneumonies infectieuses, que la diphtérie, ou plutôt le croup, était une des causes efficientes les plus habituelles de la broncho-pneumonie. Le contraire devrait nous étonner, et nous sommes même en droit de nous demander comment tous les cas de croup ou de diphtérie pharyngienne ne donnent pas lieu à une manifestation pulmonaire, quand on songe qu’à chaque inspiration, la masse d’air qui doit aller se répandre dans les alvéoles pulmonaires passe au-dessus de plaques riches en bacilles ou tout au moins en spores. Ce que nous savons du déve-