MALADIES DU SYSTÈME DIGESTIF. BOUCHE. ESTOMAC
Messieurs,
Peut-être serait-il bon, avant d’aborder l’étude des maladies microbiennes du tube digestif, de vous présenter un tableau synthétique de tous les micro-organismes qui normalement se rencontrent dans les voies digestives. Mais, cette étude, vous vous rappelez que nous l'avons faite ensemble en traitant des endroits où on retrouvait constamment des bactéries. Nous vous avons dit alors, qu’on ne manquait jamais de les rencontrer soit dans les cavités où l’air pénétrait, soit dans celles qui étaient traversées par des corps venus du dehors, comme c’est le cas pour le tube digestif. Je n’ai donc qu’à vous renvoyer à ce que je vous ai dit dans notre deuxième entretien. De plus, les microbes que l’on rencontre dans le tube digestif ou dans les voies respiratoires ne sont pas toujours les mêmes. Leur nombre et leur espèce varient suivant la richesse en bactéries de l’air inspiré ou des aliments ingérés. Nous serions donc obligés d’étendre presque indéfiniment nos descriptions et de leur donner une extension que ne comporte pas la limite de ces entretiens. Ce serait véritablement établir une vraie flore et une vraie faune du tube digestif, si l’on voulait décrire toutes les espèces que l’on y rencontre. Je vous ai dit que M. Yignal avait reconnu et décrit dix-sept
MALADIES DU SYSTEME DIGESTIF
espèces (le microbes dans la boucbc, en dehors, bien entendu, des especes bactériennes qui peuvent être apportées par les aliments. De ces bactéries, les unes sont pathogènes, et vous savez que l une d'elles n’est autre que le pneumocoque, les autres n'ont pasjusqu'ici bien nettement démontré le rôle qu’elles peuvent remplir. Nous avons posé un point d’interrogation, qui plus tard, bientôt peut-être, sera remplacé par une affirmation ou une dénégation, à la question de savoir si ce n’était pas à l'action de ces micro-organismes que la salive devrait ses propriétés diastasiques? Cette proposition ne vous a paru en rien invraisemblable depuis que nous savons, à n’en pouvoir douter, que certaines cellules microbiennes sécrètent de véritables diastascs, tout comme certains éléments anatomiques.
Du reste, l'action exercée par la salive sur certaines substances, c’est-à-dire la transformation d’abord en dextrine, finalement en glucose des produits amylacés, est une action dont les micro-organismes sont coutumiers. Nous savons déjà que la production du glucose résulte des propriétés vitales de quelques-uns d'entre eux. Vous n’avez pas oublié que si vous laissez au contact de l’air une solution sucrée avec du sucre de canne, qui ne saurait fermenter, le travail de fermentation ne s’établit que quand la transformation du sucre cristallisé (C2vH22 0 22) en glucose (Cl2H12012) s'est effectuée sous l'influence directe de certaines bactéries, dont le travail final est la production du glucose.
A cause de l’obscurité qui règne sur les propriétés physiologiques des bactéries de la bouche, on a été fort embarrassé de les désigner et on n'a trouvé d’autre moyen de les différencier par une dénomination que de leur donner comme nom, soit un chiffre, soit une lettre de l’alphabet grec ou français. Je n’ai pas besoin de vous dire ce qu’une pareille désignation, par-