MICROBES DE LA SALIVE
fai tement justifiée par l’état embryonnaire de nos connaissances, offre de difficultés et d’incertitudes.
Nous n’avons à nous occuper ici que des espèces pathogènes, par conséquent nous ne pouvons que renvoyer ceux d’entre vous, qui voudraient avoir des détails plus précis sur ce sujet, aux remarquables travaux de M. Vignal. Ils consulteront avec fruit, dans les Archives de physiologie de 1886, le mémoire de cet auteur. Vous y trouverez l’étude complète de toutes les diverses espèces de bactéries que renferme la bouche. L’année suivante, ont paru les études du même auteur, sur l’action physiologique de ces microbes, alors qu'ils se trouvent en présence de certaines substances alimentaires.
Un travail récent de M. Netter, publié dans la Revue d'hygiène, fixe à quatre le nombre de microbes pathogènes qui se rencontrent dans la salive des sujets sains. Nous les connaissons tous déjà, d’après leur acIion.Deux de ces microbes sont des agents pyogènes, le streptococcus et le staphylococcus. Les deux autres sont : le microbe encapsulé de Friedlànder et le pneumocoque de M. Talamon. Pour ce dernier, les recherches deM. Netter ont confirmé ce que nous savons déjà ; on le rencontre chez le cinquième des sujets n’ayant jamais eu de pneumonies, tandis que sa fréquence est bien plus grande chez les personnes précédemment atteintes de cette maladie, alors môme que celle-ci remonte à dix ans et plus. Le streptococcus pyogènes et le microbe de Friedlànder sont beaucoup moins fréquents, on ne les retrouve que dans 5p. 100 des salives observées. Quant au staphylococcus pyogènes aureus , il est presque toujours installé dans notre bouche, son absence est l’exception.
Je n'ai pas besoin d’insister pour vous faire comprendre les dangers permanents que créent pour nous de pareils botes ; chacun d’eux peut devenir l’agent direct d'une évolution morbide, si les circonstances
MALADIES DU SYSTEME DIGESTIF
arrivent à produire, chez l'individu qui les porte, un milieu favorable où ils pourront proliférer. Je vous ai longuement entretenus de la manière dont s'implante le pneumocoque dès que l’intégrité pulmonaire est troublée, soit par un traumatisme, soit par l'action du froid, soit par suite de troubles vasomoteurs, soit enfin par l’implantation préalable d'un autre micro-organisme. Nous avons vu comment il se peut faire que des pneumonies, des pleurésies ou des péricardites, soient ainsi déterminées. Il est cependant une particularité bien digne d’être notée : ces microbes, qui restent souvent pendant un temps fort long sans donner carrière à leur pouvoir nocif, présentent des variations dans leur virulence. M. Netter a démontré, qu’après une pneumonie, le microbe de Talamon, qui devient commensal obligé de la bouche, ne présente pas toujours la même virulence. Celle-ci varie dans des conditions très difficiles à déterminer. Les influences météorologiques sont incontestablement un facteur actif de ces modifications, car M. Netter a démontré que la virulence la plus grande coïncide avec les semaines oii le nombre des pneumonies est le plus grand dans les hôpitaux de Paris.
On rencontre aussi dans la bouche d’autres bactéries, qui peuvent déterminer dans cette cavité même des désordres plus ou moins étendus. Frankel a démontré que les stomatites dites aphteuses étaient toujours déterminées par deux microbes de la suppuration donl j’ai eu à vous parler, le staphylococcus pyogenes ci trous de Passe! et le staphylococcus pyogenes flancs de Hosenbach. Ces deux bactéries donnent lieu parfois à des stomatites d’une i n (ensilé très grande, allant jusqu’au ramollissement des gencives et à la chute, par plaques plus ou moins larges, de la muqueuse. M. Edgard 1 1 i riz. a publié des observations qui ne laissent aucun doute sur la partjqui revient à ces microbes dans certains cas