MICROBES DE LA SAUVE
de stomatites. D'après les fa ils mis en lumière par M. Ilirtz, en même temps que s’accomplirait l’évolution bactérienne dans la bouche, il y aurait également production deptomaïnes assez abondantes pour déterminer des accidents généraux manifestes, pouvant même revêtir un certain caractère de gravité. Du reste, dès le dix-septième siècle, les médecins parlaient de la contagion de la stomatite aphteuse. Depuis longtemps aussi, on a été frappé de l’étroite analogie, pour ne pas dire de 1 identité, qui existe entre la fièvre aphteuse de l'homme et la lièvre aphteuse de l’espèce bovine ou ovine. M. Delest a indiqué, dans sa thèse inaugurale, que la maladie se transmettait, non seulement d’homme à homme, mais encore de l'espèce bovine ou ovine à l’espèce humaine, et le lait cru serait l'agent le plus habituel de cette transmission.
D’autres microbes, moins bien connus, mais non moins pathogènes, peuvent, pendant un certain temps, élire domicile dans la bouche, trouvant là probablement des conditions exceptionnellement bonnes de chaleur, d’humidité et peut-être de milieu. Les microorganismes peuvent y séjourner longtemps, voire même s'y multiplier, créant ainsi un danger, non seulement pour celui qui les porte, mais encore pour les personnes qui l'approchent. C’est ainsi, d’après M. Sevestre, que l’on peut expliquer le pouvoir contagieux de certains individus, qui ont transmis des lièvres éruptives, après une guérison datant déjà de fort longtemps. M. Sanné a cité des cas de transmission de scarlatine après soixantetreize jours et après quatre-vingt-dix jours de convalescence, alors même que la surface extérieure du corps avait été soumise à diverses pratiques de prophylaxie.
Indépendamment de ces micro-organismes pathogènes, il existe dans la salive, d’après Miller, certaines bactéries, qui seraient les agents uniques et constants
MALADIES DU SYSTEME DIGESTIF
de la carie dentaire, il les a signalées depuis 1882. Ces espèces sont au nombre de cinq; Miller les a désignées par les cinq premières lettres de l’alphabet grec. Trois coccus et deux bacilles se retrouveraient toujours, dit-il, dans toute dent cariée. Les trois coccus a, y, S, seraient de différentes grosseurs, le dernier étant de beaucoup le plus volumineux. Reproduits en culture, leurs propriétés sont à peu de choses près semblables. Tous les trois liquéfient promptement la gélatine, le second, encore plus rapidement que les deux autres. La bactérie a qui se présente, soit à l’état de coccus isolé, soit à l’état de diplococcus. jouirait, d’après cet auteur, de la propriété de déterminer une fermentation lactique. Si le fait était péremptoirement démontré, il corroborerait singulièrement cette observation de M. Magitot, d’après laquelle l’acidité salivaire, et particulièrement l’acidité lactique, serait le facteur le plus puissant de la carie dentaire. Quant aux deux bacilles, leur longueur serait inégale, tandis que l’un d’eux se montrerait sous forme de filament, l’autre, beaucoup plus petit, affecterait la forme décrite sous le nom de bacille virgule. Le bacille long ne manque dans aucune carie. L'un et l’autre n’ont pu être cultivés sur gélatine.
Voici, d’après Miller, quel serait le processus suivant lequel les dents arriveraient à se carier. 11 suffit d’une chute de l’émail ou d’une simple éraillure faite à cette substance. Dépourvue de cette couche protectrice, la dentine se trouvant perpétuellement au contact de l'acide lactique, résultat de la fermentation des cocci. finit à la longue par en être altérée et elle se ramollit. C’est le signal de l’invasion, dès qu’un canaliculc dentaire, compris dans le travail nécrobiosique, est devenu perméable, de petits cocci s’y introduisent cl ne tardent pas à produire une effraction plus considérable, qui a pour conséquence l’ouverture des canalicules voisins,