‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 126 sur 207 · VERTE INFANTILE. ICTÈRE GRAVE · texte numérisé non relu

VERTE INFANTILE. ICTÈRE GRAVE

Messieurs,

Avant de commencer l’étude des maladies bactériennes de la première portion du tube digestif, je vous ai dit qn’il me paraissait tout à fait inutile de vous décrire, par le menu, chacune des espèces dont cette première partie est d’ordinaire l’habitat. Je vous redis la même chose en commençant l'examen microbio-pathologique de l’intestin proprement dit, et cela parla bonne raison qu'ici le nombre des espèces, que normalement on y rencontre, est. infini. Sur la muqueuse intestinale comme dans ses replis, grouille perpétuellement une couche épaisse de microbes, les sucs en sont peuplés, les glandes elles-mêmes en sont fréquemmentpénétrées. Toutes les espèces aérobies et anaérobies y sont représentées. Bienstock en a publié une étude complète après plusieurs années de recherches. Non seulement toutes les espèces y sont représentées, mais encore elles s’y montrent avec un luxe d’individus vraiment prodigieux. M. Yignal. qui a suivi les microbes de la salive depuis la bouche jusqu’aux dernières limites du tube digestif, a déclaré que, dans 10 centigrammes de matière fécale, il retrouvait vingt millions de bactéries,

INTE STI .N

pour la plupart provenant do la mulliplicalion des microbes dont la bouche est peuplée, lesquels résistent, à l'action du suc gastrique, du suc pancréatique et de la bile. Ce qui est pour lui, comme pour M. Pasteur, une preuve que ces bactéries jouent dans les phénomènes digestifs un rôle que l'on a beaucoup trop négligé jusqu'à ce jour. D'une manière générale, on peut dire que les cocci y sont de beaucoup moins abondants que les bâtonnets, que certains parmi ces derniers ne se retrouvent que là, notamment le bacillns Bienstocîcii, le bac il! ns coli, le bacillns mesen/cncus et quelques autres doués d’un pouvoir digestif considérable que je vous indiquerai dans un instant.

Les espèces anaérobies y sont communément visibles, et nous vous avons dit que c'est de là, qu’après la mort, part le premier mouvement, bactérien qui finalement doit aboutir à la putréfaction complète du corps. L'accumulation insolite des bactéries dans l'intestin peut-elle occasionner des accidents? Nous ne saurions répondre aujourd'hui à celte question, pas plus du reste qu’à celle qui tendrait à savoir ce que deviennent les plomaïnes sécrétées par un nombre aussi considérable de micro-organismes. Nous ignorons si ces plomaïnes sont ou non toxiques, et si, par un mécanisme encore à démontrer, elles sont dirigées de telle sorte que nous ne puissions pas ressentir l’inlluence de leur pouvoir nocif.

Le rôle des bactéries de l’intestin dans les phénomènes de la digestion normale est sans contredit le point le plus intéressant de leur histoire. Les anciennes théories chimiques sont loin de nous avoir fourni une explication satisfaisante des phénomènes digestifs; on dirait au contraire que plus les analyses se perfectionnent et plus les procédés deviennent parfaits et irréprochables, plus la confusion augmente. La digestion est donc autre chose

Page 1