TROISIÈME LEÇON
DES ENDROITS OU SE TROUVENT LES BACTÉRIES : ATMOSPHÈRE, EAU, SOL, CORPS VIVANTS.
Messieurs,
Nous allons étudier, dans cet entretien, les endroits où se rencontrent les bactéries, en nous bornant aux milieux les plus usuels, à ceux surtout dans lesquels il est important que vous les connaissiez. 11 est évident que nous ne pouvons pas passer en revue tous les milieux solides ou liquides qui existent, sous le prétexte qu’à la surface des uns et dans le sein des autres on peut trouver des microbes. Ceux que l’on y pourrait observer proviennent, dans l’immense majorité des cas, d’un des milieux que nous allons successivement passer en revue et qui sont : 1° l'atmosphère; 2° l’eau ; 3° le sol ; 4° les corps vivants. Vous le voyez, en parcourant ensemble ces quatre grands habitats, nous aurons certainement épuisé la question.
Atmosphère. — Comme je vous l’ai dit dans notre dernière conférence, M. Pasteur, voulant démontrer par des expériences la vérité de sa doctrine de la panspermie, a révélé qu’il n’existait pas de partie dans l’atmosphère où on ne puisse rencontrer des bactéries. Il a procédé, comme vous le savez, en portant dans un grand nombre d’endroits des ballons stérilisés et fermés à la lampe, qu’il ouvrait tantôt dans un endroit, tantôt dans
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OU SE TROUVENT UES BACTERIES
un autre, et en démontrant que l’infusion contenue dans ce réceptacle ne tardait pas à se peupler de microorganismes en quelque endroit que l’ouverture ait eu lieu. Au début de ses expériences, il jugeait du nombre de microbes renfermés dans un point de l’atmosphère, par le nombre de ballons qui devenaient féconds, après ouverture en cet endroit d’un nombre plus ou moins considérable de ces réceptacles, également préparés. C’était là un procédé très compliqué, très coûteux et aussi très inexact. On n’a pas tardé à lui substituer celui de la numération directe par les moyens que je vais vous indiquer, et on peut dire que si ce dernier mode ne nous donne pas la vérité absolue, du moins il s’en rapproche beaucoup plus que le procédé d’abord mis en usage, lequel pouvait à peine donner une idée de relation ou de proportionnalité. Du reste, M. Pasteur a été le premier à reconnaître ce que son procédé avait de défectueux, et il l’a remplacé pour ses recherches personnelles par la méthode de numération.
Elle consiste en ceci : un volume d’air déterminé est aspiré de façon à ce qu’il traverse tout entier un tube, dans lequel est placé un tampon de fulmicoton, sur lequel il se filtre; puis le tampon est dissous dans un volume d’éther nettement déterminé. Cela fait, et le dépôt étant aussi régulièrement mélangé que possible dans la masse du liquide, on compte les bactéries que renferme un millimètre cube de la solution, ou bien on laisse reposer et on compte les microbes que renferme une partie du sédiment. Ce procédé est loin d’être parfait, surtout au point de vue des cultures ultérieures, attendu que l’éther tue invariablement tous les micro-organismes.
Le procédé aéroscopique de M. Pouchet consiste à projeter sur des plaques quadrillées enduites de glycérine un volume d’air donné et à procéder à la numération. Ce