‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 14 sur 207 · ATMOSPHÈRE · texte numérisé non relu

ATMOSPHÈRE

moyen est encore défectueux, car l’observation est considérablement gênée par les masses de particules ténues non organisées, que l’air tient toujours en suspension.

La manière dont procède M. Miquel, à l’observatoire de Montsouris, demande une mise en œuvre très grande et très compliquée. On fait barboter un volume d’air déterminé dans une certaine quantité de bouillon nutritif, on laisse refroidir et on répartit le mélange dans un grand nombre de ballons, au nombre de cent au moins. Il est dès lors probable, dit M. Miquel, que chacun de ces ballons n’aura reçu qu’un seul germe ; dès lors, en laissant fructifier les ballons ainsi ensemencés, on détermine le nombre de germes par le nombre des cultures secondaires.

Plusieurs autres méthodes conçues sur des plans se rapprochant de ceux-ci ont été mises en usage; c’est ainsi que Koch procède eu recouvrant de gélatine une surface quadrillée et en comptant le nombre de colonies qui se développent; liesse, en faisant traverser à l’air un tube rempli de gélatine fondue; Franckland, en filtrant l’air sur de la soie de verre; Pétri le filtre sur du sable ; toutes ces manières sont passibles des mêmes objections et ne sont pas plus rigoureuses.

Il est une dernière méthode, préconisée par M. le professeur Straus, qui consiste à faire barboter un volume d’air connu dans une quantité déterminée de gélatine fondue. Puis celte gélatine est coulée sur des plaques quadrillées et très régulièrement réparties suivant le procédé dit d’Esmarch. Alors les colonies sont facilement comptées et, par un simple calcul, on arrive à savoir le nombre de bactéries que renferme la gélatine et, par conséquent, l’air qui l’a imprégnée. De tous les procédés, c’est incontestablement le plus précis et celui dont les résultats se rapprochent le plus de la vérité.

OU SE TROUVENT LES BACTÉRIES

Des recherches nombreuses et conduites avec le plus grand soin ont amené M. Miquel à des résultats remarquables de précision. C’est ainsi qu’il a vérifié et annoncé, avec des chiffres à l’appui, d’abord que l’abondance des bactéries diminuait en raison inverse de l’altitude, que de très nombreux facteurs intervenaient pour aug menter ou diminuer dans l’air la quantité de germes. L’état hygrométrique de l’air, les saisons, la distance du sol, la présence d’animaux autour de l’observateur et surtout l’encombrement humain influent d'une façon indéniable sur la quantité de bactéries. On n’en rencontre pas un nombre égal à toutes les heures de la journée, et on observe un minimum très sensible à deux heures du matin, deux heures du soir, huit heures du matin et sept heures du soir. Quant aux saisons, leur influence est aussi marquée, la saison froide en diminuant le nombre, tandis qu’il est plus considérable en été. Avec cette réserve, toutefois, ({lie la chaleur extrême les diminue aussi considérablement. Le même auteur a démontré le rôle bienfaisant de la pluie, qui débarrasse l’atmosphère de beaucoup de microbes, et le rôle que jouent les vents dans le transport des germes. C’est ainsi que les vents qui ont fait passer l’air sur un point où il y a agglomération humaine, le chargent d’un nombre considérable de germes.

Quant à l’air expiré, il ne contient que peu ou pas de bactéries. D’après le professeur Straus, ce n’est pas dans une petite proportion que le poumon les absorbe, puisque, sur 600 micro-organismes qui pénètrent en nous, il n’en sort qu’un seul par l’expiration. C’est donc une tout autre cause que la présence des microbes, qui rend malsain l’air déjà respiré.

L’accord des observateurs n’est pas parfait en ce qui touche la présence dans l’air de bactéries pathogènes. M. Miquel, dont les travaux ont été si multiples, affirme

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