NATURE
soient spéciales, ou qui, débutant par eux, puissent s’étendre dans toute l’économie. Leurs lésions parasitaires sont déterminées par ces microbes, qui peuvent s’implanter dans tous les tissus, comme ceux de la tuberculose, de la syphilis, etc. Il est cependant une maladie du foie, que ses allures spéciales, ses lésions caractéristiques et son étiologie encore fort obscure semblent désigner comme devant être un jour comprise dans le cadre des maladies microbiennes. Cette maladie, c’est l’ictère grave, dont je veux vous dire quelques mots en terminant.
Vous savez que cette singulière maladie est caractérisée anatomiquement par une destruction complète et rapide du foie; la masse de l’organe est convertie en une sorte de bouillie où le microscope ne peut plus saisir que des vestiges des éléments qui constituaient autrefois la glande. Symptomatiquement, des désordres digestifs, qui bientôt font place à un état ataxique ou ataxo-adynamique de la plus haute gravité, s’accompagnant d’hémorragies multiples et à siège varié, qui indiquent une modification profonde apportée à la composition du sang. Ajoulez à ce tableau, qui semble calqué sur celui d’une véritable maladie infectieuse, que les manifestations cutanées ne font presque jamais défaut, et rappelez-vous combien les manifestations de ce genre sont fréquentes lorsque les micro-organismes agissent sur l’économie, non d’une façon mécanique, mais par leurs ptomaïnes. Rappelez-vous les manifestations cutanées de la fièvre typhoïde, de la phtisie aiguë, des fièvres éruptives, de la syphilis, etc., et voyez s’il est possible d’avoir une ressemblance plus parfaite, et si, a priori , on ne serait pas enclin à ranger cette maladie dans le groupe des affections microbiennes.
Mais, je me hâte de le dire, rien, absolument rien, ne permet encore d’affirmer une pareille tentative de classi-