RHUMATISME
naire, sur la nature duquel nous ne sommes pas encore fixés. Et dans ces cas il n'est pas possible de conserver le moindre doute, car les microbes caractéristiques de la blennorrhagie et ceux de l'infection purulente puerpérale ont toujours été retrouvés dans les arthrites qui proviennent de l’une ou de l’autre de ces deux influences. Et pourtant je le répète et j'y insiste, mon ami Tixier a fourni de ce fait une éclatante démonstration, il n’est pas possible de différencier, ni anatomiquement, ni symptomatologiquement, ni pathogéniquemcnt, un rhumatisme blennorrhagique d’un rhumatisme ordinaire. Ainsi donc voilà un rhumatisme lié à la blennorrhagie, il se comporte absolument comme un autre rhumatisme, il peut se généraliser, déterminer de la suppuration, des endocardites, influencer d’une égale manière le terrain sur lequel il se développe en créant une réceptivité morbide plus grande, en un mot se comporter comme un rhumatisme dû à un refroidissement; et cependant l’un, le rhumatisme blennorrhagique, est à coup sur d’origine microbienne, tandis que l’autre ne le serait pas. Vous avouerez avec moi que cela paraît bien étrange.
Enfin, si nous rappelons nos souvenirs cliniques, si nous réunissons, dans un ensemble, les symptômes généralement observés dans le décours des maladies microbiennes, et que nous le comparions au tableau morbide que nous présente le rhumatisme, nous serons frappés de l’analogie. Comme les maladies sur la nature parasitaire desquelles nous sommes parfaitement édifiés, le rhumatisme ne nous offre-t-il pas une fièvre ardente, tenace, sans rémission; un brisement souvent absolu des forces, un retentissement sur le rein se traduisant par une albuminurie plus ou moins précoce. Joignez à cela, qu'il n’est pas rare dans le rhumatisme d’observer l’hypertrophie splénique, et vous aurez une analogie tellement grande, que la nature infectieuse du rhumatisme