ATMOSPHERE
n’en avoir jamais rencontré. Mais d’antres observateurs prétendent avoir été plus heureux. Ainsi, Emmerich assure avoir pu constater dans l’air la présence des microbes de la pneumonie. Eiselberg y a reconnu le microbe de l’érysipèle, et enfin M. Héricourt a pu constater, à certains moments, sur ses plaques, la bactérie de Koch, dite bacille virgule, que nous étudierons à propos du choléra.
Quoi qu’il en soit, il est incontestable qu’il existe dans l’air un nombre considérable de microbes, et, avec l’apport incessant des espèces qui proviennent des corps vivants, avec la multitude d’espèces qui se multiplient en maints endroits et qui vonL ensuite se répandre dans l’atmosphère, il y aurait très promptement une accumulation extraordinaire dans l'air de ces infiniment petits, si des causes nombreuses de destruction, que j’aurai à vous exposer, n’en réduisaient pas à chaque instant le nombre, et cela dans une grande proportion. Voici quelques chiffres de statistique qui vous permettront d’apprécier par des nombres les diverses fluctuations que je viens de vous indiquer.
Altitude :
Par mètre cube.
Air au sommet du Panthéon (79 mètres). 23
Au ras du sol 462
Vents : air recueilli au sommet du Panthéon :
Par mètre cube.
Nord-Est . 64
Sud-Est 44
Sud-Ouest 26
Nord-Ouest 50
Encombrement : air recueilli dans une salle d’hôpital
à la Pitié :
Par mètre cube.
Air recueilli en janvier 29.000
— — juin 4.500
OU SE TROUVENT LES BACTERIES
Ce résultat tient incontestablement à la claustration des salles, car à l’extérieur et auprès de la maii’ie du IVe arrondissement :
Par mètre cube.
Air recueilli en janvier et février. 160 et 200 — — juin et juillet. . 1.540 et 1.400
D’après l’observatoire de Montsouris, annuaire 1885:
Par mètre cube.
Air de l’Océan à plus de 100 mètres
des côtes 0.6
Air de l'Océan à moins de 100 mètres
des côtes 1.8
Au sommet des hautes montagnes de 1 à 3
Parc de Montsouris 480
Rue de Rivoli 3.480
Dans les maisons neuves à Paris . . . 4.500
Dans les égouts 6.000
Dans les vieilles maisons 36.000
Dans les salles du nouvel Hôtel-Dieu. . 40.000
Dans les salles de la Pitié 79.000
Ce que l’air laisse déposer à la longue, et qui constitue les poussières murales :
Par gramme de poussière.
A l’observatoire de Montsouris. . . 750.000
Dans les maisons rue de Rennes. . 1 .300.000
Dans les maisons rue Monge. . . . 2.100.000
C’est ce grand nombre de bactéries si considérable dans l’air qui fait le désespoir des bactériologistes et qui rend les éludes si difficiles, car, si on ne s’environne pas perpétuellement des précautions les plus minutieuses, les cultures en sont infestées, et les espèces de l’air viennent prendre la place de celles dont on veut obtenir des cultures pures. Il faut donc être constamment en garde contre elles, car il suffit d’un instant d’oubli pour compromettre le résultat d’une expérience.
Eau. — Les études bactériologiques de l’eau ont une importance capitale; c’est en effet par l’intermédiaire de