FIÈVRE PUERPÉRALE
par exemple, comme des métro-péritonites, se terminent par septicémie. Je me souviens que, pendant l’année 1 865, alors que je remplissais les fonctions d’interne provisoire dans le service de M. Després, une femme superbe entra à l’hôpital Saint-Antoine pour y faire ses couches. J'ai vu rarement l'image d’une plus belle santé; quand nous laissâmes la salle après la visite, cette femme était en travail. A la visite dulendemain, elle était morte, emportée par une septicémie puerpérale à marche foudroyante. L’autopsie ne nous révéla aucune lésion, si ce n’est celles qui caractérisent un récent accouchement. A cette époque-là, on ne savait rien de la bactériologie, mais je ne doute pas que si l'examen de son sang eût été fait, on ne l’eût trouvé rempli de vibrions septiques.
On l’a dit maintes fois, toute accouchée est une blessée portant sa plaie au fond de la matrice. Nous savons que cette plaie présente toujours un terrain de culture éminemment favorable à la pullulation microbienne; que de plus, celte plaie est largement mise en communication avec la circulation générale, parla béance des veines au niveau de l’insertion placentaire, et aussi par la dilatation des sinus utérins. Par conséquent, toute culture microbienne qui s’effectuera dans l’utérus aura toutes les chances de passer promptement dans la masse sanguine. Par conséquent aussi, il adviendra de cette plaie des résultats divers, suivant l’espèce de microbe qui viendra s’y implanter. Si c’est le vibrion septique qui vient se fixer sur la plaie, une septicémie emportera brusquement la malade. Si c’est un microbe de la suppuration, il aura toute facilité de s'y développer abondamment d’abord, puis de passer dans les veines avec le pus en nature, et il provoquera l’infection purulente et les abcès métastatiques par le mécanisme que nous avons déjà étudié. Si c’est, au contraire, le streptocoque de l’érysipèle, il y déterminera son action