CA I)A DE
FIEVRE PUERPERALE
qui les déterminent. A tous ces microbes, il faut pour se développer le milieu spécial créé par la plaie utérine, et l’ensemble de modifications complexes qui se passent dans la matrice après la délivrance. Aussi voyait-on autrefois circuler impunément dans les salles, les infirmières, les religieuses, les parentes des malades, alors que la mort frappait à coups redoublés, et cependant les micro-organismes, au milieu desquels se mouvaient incessamment ces femmes, devaient à coup sûr pénétrer dans leurs parties génitales, mais ces microbes n’y rencontraient pas un milieu favorable à leur développement, et par conséquent rien ne décélait leurs redoutables effets.
On est saisi d'une admiration enthousiaste quand on considère les conséquences où nous a conduits l’exacte notion des phénomènes. Quand on songe à l’effroyable mortalité qui, à certains moments, s’abattait sur les femmes en couches, quand on sait que maintenant les intoxications puerpérales ne se montrent qu’à titre d’exception; qu’autrefois, que hier, la mortalité nosocomiale des accouchées était de 38 p. 100, qu'elle est inférieure aujourd’hui à 2,50 p. 100, qu elle serait encore beaucoup moindre, nulle si toute? les précautions antiseptiques pouvaient jamais être rigoureusement observées, non seulement au moment de l'accouchement et après celui-ci, mais encore pendant les jours qui le précèdent, on peut être fier d’une science qui conduit à des résultats semblables, et on doit faire tous ses efforts pour que ses bienfaits ne s’arrêtent pas dans une voie où ils ont si brillamment débuté.