‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 153 sur 207 · BLENNORRHAGIE. VARIOLE. VACCINE · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE. VARIOLE. VACCINE

Messieurs,

Longtemps avant que l'on sût le rôle important joué par les microbes dans la genèse des maladies, on recherchait le parasite de la blennorrhagie, tellement on ajoutait peu de foi à la théorie de Ricord, qui faisait de cette maladie une banale inflammation de l’urètre. La ferme croyance où Ton était de l’existence d’un micro-organisme cause déterminante de la maladie, faisait même que les affirmations se hâtaient et que l'on ne se tenait pas assez en garde contre des illusions. C'est ainsi qu’on décrivit, en 1863, un parasite, sorte cl’algue gigantesque , que l'on avait découvert, disait-on, dans le pus blennorrhagique ; on lui donna même le nom expressif et euphonique de genitalia. Malheureusement, vérification faite, ces génitalias n'étaient autre chose que les brins de duvet de la chemise des malades.

C’est Hallier, professeur à la faculté d’Iéna, qui le premier décrivit le coccus blennorrhagique; il étudia leur ingérence dans l’intérieur des cellules. Rien plus, il remarqua ce fait très intéressant et dont nous aurons à reparler, la présence du parasite dans le sang, quand il existait un rhumatisme blennorrhagique; il indiquait même que, dans ce cas-là, le coccus pénétrait dans

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l’intérieur des hématies. M. Ch. Bouchard, en 1878. vit aussi le même micro-organisme, mais c'est incontestablement Neisser, de Breslau, qui en a donné, en 187b, la description la plus exacte, et qui a démontré sa constance dans tous les cas. Postérieurement, Weiss en 1880, et Bumiîi en 1885, étudièrent exactement ce microbe et confirmèrent de tous points les données fournies par Neisser.

Recueilli sur du pus blennorrhagique frais, les gonocoques se montrent à nous, sous la forme de petits grains à peu près ronds, fortement réfringents, d'un diamètre de U. 4 à 0.5 [J-. Le plus souvent, ils sont réunis en diplocoques, jamais en chaînette, mais assez fréquemment conglomérés, comme l'avait dit llallier. C'est le [tins souvent dans les cellules de f épithélium, ou dans les globules du pus qu'il faut le rechercher. Vous le verrez dans l'un et l'autre de ces éléments, sur les préparations que vous aurez, tout à l’heure à examiner. D'après Bunnn, les deux coccis accolés formeraient un ensemble à peu près comme deux haricots assemblés par leur bord échancré, deux reins dont le hile correspondrait exactement. Ces diplocoques ne sont pas absolument immobiles, mais de peu s’en faut.

Ces éléments ne sont pas les seuls micro-organismes que l’on rencontre dans une goutte de pus blennorrhagique. Giovanini eu a décrit cinq espèces bien distinctes, dont quelques-unes seraient les commensales de toute muqueuse uré traie même parfaitement saine. Toutes ces espèces sont aussi des bactéries sphériques, cl plusieurs d’entre elles ne se différencient du gonocoçcus que par les cultures. De plus, lcgonococcus seul pénètre les cellules épithéliales et les leucocytes. Quelques détails dans la manière dont il se comporte, en présence des couleurs d’aniline, achèvent de le dill'ércncier.

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