‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 166 sur 207 · VIRULENCE · texte numérisé non relu

VIRULENCE

dans la niasse du sang fait que successivement ils se trouvent ou peuvent se trouver en rapport avec lous les organes; dès lors, chacune des esp'èces microbiennes déploieses affinités, dictées parses besoins. Tel, comme le micro-organisme qui engendre la scarlatine, trouve le poumon un foyer médiocre, tandis que celui qui détermine la rougeole le trouve éminemment favorable. Mais, en revanche, celui-ci se lixe mal sur le rein, tandis que l’épithélium rénal est pour le premier un terrain de prédilection. De telle sorte que, pour chacun d’eux, on pourrait reprendre la pittoresque expression de Trousseau, qui semblait douer de discernement la cause pathogène. « La diphtérie aime le larynx, » disait ce maître. Nous pourrions aussi bien dire : le microbe de la rougeole aime le poumon; celui de la scarlatine aime les amygdales et le rein.

Quant aux degrés de virulence divers, que peuvent nous présenter les microbes pathogènes des fièvres éruptives, la preuve nous en est donnée par les degrés d’intensité de l’épidémie. Par suite de circonstances encore inconnues*, et qui probablement resteront encore fort longtemps obscures, une masse plus ou moins abondante de germes vient au contact d’une agglomération humaine, juste au moment où sa virulence est ou affaiblie ou exaltée, d’où des épidémies meurtrières ou bénignes. Du reste, en observant les résultats fournis par les épidémies, on s'aperçoit que, le plus souvent, les germes se cultivent en quelque sorte d’un individu à l’autre et que les cas vont s’atténuant et s’affaiblissant dans certaines épidémies. Dans d autres circonstances, au contraire, leur virulence paraît s’exalter par ces cultures successives, les derniers cas étant de beaucoup les plus meurtriers.

Maintenant, il paraît certain que les microbes des fièvres éruptives agissent aussi par les ptomaïnes qu’ils

FIEVRE RECURRENTE

sécrètent, et par là s’expliquent les phénomènes nerveux qui parfois dominent la scène; la grande analogie que présentent alors les symptômes observés avec ceux qui sont produits par une substance alcaloïdique toxique, démontre que l'encéphale réagit sous finlluence d’une substance analogue. Nous avons assez longuement insisté sur l’analogie qui existe entre les ptomaïnes et les alcaloïdes végétaux pour qu'il soit utile d’y revenir. Rappelons seulement les travaux tendant à l’unification de ces substances, et l’identité qui existe entre les alcaloïdes végétaux et certaines ptomaïnes animales.

Nous avons maintenant à vous présenter l’étude de deux maladies bactériennes, que vous aurez bien rarement occasion d’observer en France : la fièvre récurrente ou typhus à rechutes et la fièvre jaune. Cependant il faut en connaître la nature, non seulement parce que, avec la grande facilité des déplacements, qui caractérise notre époque, on peut se trouver brusquement un jour en présence d’un cas semblable, mais encore parce que vous ne sauriez trop étudier la marche et l’évolution de certaines espèces microbiennes, à cause des analogies étroites qui existent entre chacune d’elles.

La fièvre récurrente, ou typhus à rechute, s’observe surtout dans les pays misérables, en Irlande, dans le nord de l’Allemagne, en Pologne et dans beaucoup de pays méditerranéens, d’où le nom de mediterranean fever que lui ont donné les Anglais. Toujours épidémique, cette maladie est due à la présence, dans le sang, d’un microbe spécial, le spirille d’Obermeier, élément parasitaire constant, dont jusqu’ici on n’a pu obtenir de cultures, faute probablement d’un milieu convenablement approprié à ses besoins. C’est un filament d’une extrême finesse, d’un peu moins de 1 \j.

CADADK

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