PESTES
locale directe sur la muqueuse du tube digestif, et ce serait fort probablement par celle-ci que se détermineraient les hémorragies capillaires, qui aboutissent au symptôme du vomissement noir, lequel est tellement important qu’il suffit à dénommer la maladie; tandis qu’une autre espèce, et peut-être la même, agirait par des ptomaïnes, comme l’admet M. Paul Gibier.
La nature parasitaire du typhus des armées ou des prisonniers, n’est encore appuyée par aucune étude directe au point de vue de la bactériologie, nu ne sai! absolument rien des micro-organismes de cet état pathologique, qui, cependant, d’après ses allures, sa contagion incontestable et ses envahissements épidémiques, est très probablement de nature microbienne.
Il serait aussi fort intéressant d’étudier, au point de vue où nous nous plaçons, les diverses espèces de pestes qui ont sévi sur l’humanité, mais comme, Dieu merci, leur apparition devient de plus en plus rare, et, qu’aux époques qui les ont vu naître, la microbiologie n’était pas même soupçonnée, nous n’aurons probablement pas de longtemps les documents nécessaires pour une pareille histoire, qui ne pourrait être faite que d’après des observations exactes. La dernière épidémie de peste qui ait apparu de nos jours est celle qui s’abattit sur l’armée russe, aux bords de la mer Caspienne, et qui fut promptement étouffée, grâce aux mesures pleines de sens, et à l’énergie que déploya le général Loris Melikoff. Je ne sache pas qu’une observation bactériologique en ait été faite en Russie.
Avec l’étude de la fièvre typhoïde que nous commencerons dans notre prochaine leçon, nous rentrerons, pour n’en plus sortir, dans le domaine des faits bien observés, des observations indiscutables, et en quelque sorte dans la partie la plus solide de la science bactériologique.